23 septembre 2015

ASSEMBLÉE - Un groupe rose-rouge-vert est-il une chimère ?

Par Laure Equy 23 septembre 2015 à 10:25 (mis à jour à 13:49)

810504-- L'Asemblée nationale, le 16 septembre. Photo Stéphane de Sakutin. AFP

Quatre députés de gauche croient toujours à la création d'un groupe de toutes les gauches à l'Assemblée nationale. Sans rencontrer beaucoup de succès chez leurs collègues.

Après avoir reçu un accueil relativement tiède, les signataires d’un appel publié dans Libération pour un groupe «rose-rouge-vert» à l’Assemblée, ne renoncent pas. N’ayant pas enregistré de nouveau ralliement officiel, ils sont toujours quatre députés : Philippe Noguès, parti du PS en juin, l’EE-LV Sergio Coronado, Isabelle Attard, ancienne d’EE-LV et de Nouvelle Donne, et la communiste Jacqueline Fraysse.

Du côté des frondeurs socialistes, leur chef de file, Christian Paul, a exclu cette recomposition des groupes parlementaires, préférant peser sur le PS de l’intérieur et «ne pas concourir à l’émiettement de la gauche». Les écologistes, même profondément divisés, tentent pour le moment de sauver leur groupe en fixant des clauses de cohabitation. Quant à André Chassaigne, patron des députés Front de gauche et patron du groupe Gauche démocratique et républicaine (GDR), il ne leur a pas illico sauté dans les bras.

Entamer d’autres rapprochements

Le quatuor estime pourtant que les choses avancent et convoquent une conférence de presse ce mercredi matin pour démontrer que ce groupe qui défendrait une politique «anti-austéritaire, écologiste et sociale» est toujours d’actualité. S’ils sont très loin des quinze députés, seuil minimum pour créer un groupe à l’Assemblée, ils comptent, en attendant, entamer d’autres rapprochements.

L’examen du budget en octobre peut leur fournir cette occasion : «Nous allons travailler à des amendements communs», en particulier avec les députés du Front de gauche. «Cela peut sembler banal mais pas ce n’est pas forcément la coutume de l’Assemblée. C’est un vrai travail politique qu’on n’arrive plus à faire au sein du groupe écologiste qui est bloqué depuis des mois», explique Isabelle Attard.

«Travailler à des expressions communes»

La députée, qui siège aujourd’hui au groupe écologiste, et Philippe Noguès ont rencontré, la semaine dernière, André Chassaigne, avec Marc Dolez et Marie-George Buffet, qu’ils ont trouvés «très positifs». Ils ont convenu d’une réunion hebdomadaire le mardi après-midi «pour travailler à des expressions communes», amendements ou prises de parole, raconte Chassaigne. Avant d’aller plus loin ? Le communiste, prudent, insiste sur ce premier petit pas, plutôt que sur la perspective d’un groupe «rose-rouge-vert» : «On ne donne pas un grand coup de pied dans la fourmilière, ce n’est pas quelque chose qu’on décrète mais qu’on construit dans la durée.» Il rappelle par ailleurs, que son propre groupe «va très bien», merci. Pas question de se laisser entraîner dans le binz écolo.

Du côté EE-LV justement, ceux qui pourraient être tentés par un groupe alternatif sont «tiraillés», hésitant à faire, par leur départ, chuter le groupe écolo sous la barre des 15, admet Attard : «Pourtant on ne propose pas de dissoudre mais d’élargir», tente-t-elle. Quant aux frondeurs, «quelques-uns pourraient être intéressés», assure Noguès. Mais la plupart promettent de sortir du bois si le groupe alternatif parvenait vraiment à réunir la quinzaine de membres nécessaires. «C’est ça le problème, il en faudrait un qui déclenche le mouvement et ce serait le jeu de dominos», soupire l’ex-socialiste.       Laure Equy

Libération.fr

 

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