AntanacoinsMark Karpelès, le dirigeant de la société japonaise MTGox, qui a été une des principales plates-formes d’échange de bitcoins, la célèbre devise virtuelle, a été arrêté le 1er août au Japon. Il est accusé de détournements de fonds massifs. Mais le bitcoin n'est pas mort pour autant...

 

Détenu au Japon depuis ce samedi 1er août, l’homme d’affaires d’origine dijonnaise Mark Karpelès, le patron de la plate-forme d’échange de bitcoins en faillite MTGox, est soupçonné par les autorités de l’archipel d’avoir détourné l’équivalent de 8 millions d’euros de dépôts de clients, selon la télévision publique NHK. Ces fonds auraient été utilisés à des fins personnelles et une partie aurait été transférée à ses autres sociétés.

Les médias japonais ont par ailleurs évoqué la possible implication de Mark Karpelès dans la disparition de près de 355 millions d’euros de bitcoins, montant de la perte accusée, l’an dernier, par la plate-forme, contrainte à la fermeture et la faillite. L’ex-dirigeant a toutefois démenti, affirmant n’avoir jamais détourné de fonds de ses clients. Il continue d’attribuer la disparition des bitcoins à des vols réalisés par des pirates informatiques.

Au plus haut de son activité, MTGox revendiquait 80% des transactions mondiales de bitcoins, une monnaie virtuelle créée sur ordinateur en 2009, comme alternative aux devises papier. Cette monnaie électronique est particulièrement spéculative, son cours étant passé de quelques dollars en 2011 à plus de 1.100 dollars fin novembre 2013, avant de retomber sous 300 dollars cette année. Ses détracteurs dénoncent régulièrement son utilisation parfois peu orthodoxe (les bitcoins sont souvent utilisés pour l’achat de drogues et d’armes) et son caractère aléatoire (la devise n’est pas adossée à une banque centrale, sa valeur est difficile à déterminer et la sécurité des avoirs est parfois défaillante). A cet égard, la Banque de France avait mis en garde les particuliers contre les dangers du bitcoin.

Pour autant, dans certains cas, le fait que la devise virtuelle ne relève d’aucun Etat, d’aucune banque centrale et se passe du système bancaire est très apprécié. Ainsi, en Grèce, certains épargnants craignant une sortie du pays de la zone euro, l’adoption d’une nouvelle devise ou une confiscation partielle de leur épargne ont converti une partie de leurs avoirs en bitcoins. Déjà, en 2013, l’annonce d’un contrôle des capitaux à Chypre avait favorisé une envolée de la demande de bitcoins…

Enfin, la technologie du bitcoin pourrait être utilisée à d’autres fins que les achats de produits ou services, l’épargne ou la spéculation. Par exemple, plusieurs sociétés travaillent à un protocole inspiré du bitcoin, destiné à garantir l’intégrité de contrats ou sécuriser la détention d’actifs financiers. La technologie du bitcoin pourrait aussi trouver des applications dans la santé. Elle pourrait notamment, via des bracelets connectés, afficher la liste des médecins pouvant accéder aux dossiers médicaux du patient, ou encore les signes particuliers pouvant être utiles à une équipe d’intervention médicale d’urgence, rapporte Coindesk (le spécialiste des informations sur les devises virtuelles).

Nicolas Gallant

Capital.fr