De la génétique derrière chaque bulletin de vote. C'est à peu près la conclusion à laquelle sont arrivés des chercheurs d'une université singapourienne. Une conclusion scientifique troublante dans un pays qui présente un modèle politique qui allie à la fois autoritarisme et ultralibéralisme économique. Un gêne atypique ?

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Curieux thème de recherche pour un laboratoire financé par une université singapourienne: selon une récente étude menée par le docteur Richard Ebstein de la National University of Singapore, il existerait une corrélation entre gènes et orientation politique.

Notre cerveau serait ainsi l’heureux porteur d’un drôle de gène : le DRD4, lequel aurait pour fonction de réguler le niveau de dopamine, un neurotransmetteur, déterminant dans l’orientation politique des individus.

Autrement dit, c’est aussi la conclusion de ces surprenantes recherches, l’orientation politique ne serait ainsi pas le fruit d’une simple construction sociale mais celui d’un mécanisme neurobiologique.

Pour étayer sa thèse, notre docteur, qui ne s’adonne pas à la fumette au vu des risques encourus, s’est appuyé sur un sondage effectué auprès de 1 771 étudiants sino-singapouriens (qu’a t-il fait des Indiens et des Malais ?), âgés en moyenne de 21 ans.

Le sondage qui consistait en une série de questions portant sur, par exemple, le droit des animaux ou encore l’environnement visait à établir une corrélation avec la génétique. Ainsi, les femmes, véritables citoyennes-modèles de Singapour, pencherait naturellement vers le parti conservateur.

Voilà de quoi porter un rude coup à la posture naturellement bravache des sociologues convaincus de détenir le monopole des déterminismes du vote. La biologie politique l’emporterait-elle sur la sociologie?

Cependant, ce qui est troublant voire «gênant» dans cette étude, c’est le lieu même des recherches : Singapour!

Rappelons qu’aux dernières élections qui se sont déroulées en 2011 dans la Cité-Etat, 60,1% de la population votait pour le PAP (People’s Action Party) personnifié par Lee Hsien Loong, fils du défunt Lee Kuan Yew, créateur et homme fort du regime autoritaire singapourien dont les opposants connurent une carrière bien éphémère.

Si l’on en croit cette étude et compte tenu des résultats des élections la grande majorité des Singapouriens possèderait un gène politique alliant à la fois autoritarisme politique et ultra libéralisme économique dans une cite-Etat au modèle singulier. Un gène atypique ?

Marianne.net