MigranteCalaisUne migrante tente de rejoindre le site d'Eurotunnel à Coquelles, près de Calais, le 29 juillet 2015. Crédits photo : PHILIPPE HUGUEN/AFP

L'élu eurosceptique a proposé que la ville du nord de la France redevienne britannique. Au-delà du trait d'humour, la droite dure outre-Manche multiplie les propositions radicales pour faire face à la crise.

L'humour anglais étonnera toujours. Alors que la ville de Calais fait face depuis plusieurs mois à un afflux de migrants inédit, un député britannique europhobe y est allé de sa petite blague sur Twitter. Roger Helmer, député européen de l'Ukip, a proposé que l'Angleterre reprennent la ville de Calais, faisant référence à l'appartenance anglaise de la ville du nord entre 1347 et 1558. «Calais était britannique jusqu'en 1558. Peut-être est-il temps de la reprendre» a-t-il écrit sur son compte Twitter, jeudi 30 juillet.

Au XIVe siècle, Calais est en effet sous domination britannique. Dès 1347, lors de la Guerre de Cent ans, le roi d'Angleterre, Edouard III, débute le siège de la ville calaisienne et vide l'enclave de sa population. Une occupation qui durera 211 ans. Malgré de nombreuses tentatives françaises pour récupérer la ville, la libération n'interviendra qu'en 1558, avec le Duc de Guise, appelé par Henry II. Si une telle solution n'est aujourd'hui pas envisageable, d'autres personnalités politiques britanniques n'hésitent pas à croire que l'armée résoudrait le problème de gestion des migrants.

L'armée sollicitée

Le député des Midlands de l'Est (est du Royaume-Uni) n'est pas le seul au sein du parti ultra-conservateur à proposer des solutions extrêmes à la crise des migrants qui secoue Calais. A l'instar des tabloïds favorables à la mobilisation de l'armée, des collègues de Roger Hemler tels que Nigel Farage, chef de file de l'Ukip ou Suzanne Evans, ex-présidente par intérim du parti eurosceptique, se sont eux aussi prononcés pour une intevention de l'armée sur le sol français.

Suzanne Evans s'est dite «choquée par le bilan de la crise à Calais. Migrants morts, blocus, 6000 camions paralysés», elle se demande jusqu'où «faudra-t-il aller pour que l'armée intervienne?».

Par ailleurs, de nombreuses critiques à l'encontre de David Cameron se sont faites entendre. Le premier ministre conservateur est accusé de toutes parts de ne pas respecter les migrants. En visite au Vietnam, David Cameron s'est en effet exprimé sur la situation relevant qu'il était «très difficile» de lutter contre cette «nuée de migrants». Harriet Harman, leader des travaillistes outre-manche s'est indignée des mots utilisés par le chef de gouvernement britannique, affirmant «qu'il devrait se rappeler qu'il parle d'êtres humains et non d'insectes». A l'opposé, Nigel Farage l'a accusé de «jouer au dur», arguant que lui n'aurait pas «utilisé un tel langage».

Ce vendredi, David Cameron a qualifié la situation à Calais «d'inacceptable» et annoncé une réunion de la cellule de sécurité Cobra pour établir de nouvelles mesures.

LeFigaro.fr