Par la rédaction le - 18h31 - suivi

Un accord, mais surtout "une déroute" pour le gouvernement grec. Voilà comment Romaric Godin, sur le site de La Tribune, résume ce qui s'est joué ces dernières vingt-quatre heures entre la Grèce et les dirigeants de la zone euro. La Grèce a accepté des conditions "encore plus dures" que celles qui avaient été proposées avant le non au référendum grec. Pourquoi ? Godin estime que Tsipras a commis "une erreur stratégique" : "l'exécutif grec craignait davantage la sortie du pays de la zone euro que l'abandon de son propre programme" car la sortie de la Grèce de la zone euro n'avait pas été préparée par Athènes. Les créanciers l'ont bien compris, et ils ont fait plier les Grecs.

 

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Résultat ? "On a appris que l'euro n'était pas qu'une monnaie, mais aussi une politique économique particulière, fondée sur l'austérité, explique La Tribune. Le premier ministre grec avait fait le pari que l'on pouvait modifier la zone euro de l'intérieur et réaliser en son sein une autre politique économique. Preuve est désormais faite de l'impossibilité d'une telle ambition. Les créanciers ont clairement refusé une réorientation de la politique d'austérité budgétaire qui, pour un pays comme la Grèce, n'a réellement plus aucun sens aujourd'hui et l'empêche de se redresser".

Pour  Godin, c'est l'euro qui a perdu. Une monnaie qui était censée rapprocher les peuples. "Or, cette crise a prouvé qu'il n'en est rien. On sait que, désormais, on peut priver certains habitants de la zone euro de l'accès à leur propre monnaie. Et que cette privation est un moyen de pression sur eux. Il sera donc bien difficile de dire encore « l'euro, notre monnaie » : l'euro est la monnaie de la BCE qui la distribue sur des critères qui ne prennent pas en compte le bien-être des populations". Une défaite pour l'euro, une victoire pour les eurosceptiques.


Romaric Godin est l'invité de notre émission de la semaine : "Grexit : en théorie, je suis pour. Mais j'ai peur de ce chaos-là"

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