Hier matin, 500 manifestants contre la LGV Poitiers - Limoges ont battu le pavé dans la capitale de la porcelaine. Ils militent pour la modernisation du TER.

 

Il neige sur l’hôtel de ville de Limoges. Brandissant un haut-parleur, un porte-parole des manifestants pro-TER et anti-LGV Poitiers-Limoges tonne en haut des marches : « On ne sera pas reçu par Alain Rodet (ndlr : maire PS de Limoges), ni par le président de la Région Limousin. »

“ Il y a deux ans, Ségolène Royal nous avait payé le voyage ”

Au grand dam de l’élue écolo du Poitou-Charentes, Françoise Coutant (1), au premier rang. « Je trouve inadmissible de ne pas recevoir une délégation. On a le droit de ne pas être d’accord mais on doit pouvoir au moins exposer ses arguments pour échanger. Cette façon d’agir peu démocratique n’est pas très surprenante. »

« On va continuer à se battre à Paris », promet le porte-parole.

Ils sont 500 à tenter de se réchauffer, dont 70 débarqués en TER de Poitiers, dans le sillage de Nicolas Bourmeyster, président du collectif Non à la LGV Poitiers-Limoges, pour protester contre un projet « inutile et coûteux ». « Il y a deux ans, pour la même manif, Ségolène Royal nous avait payé le voyage », sourit-il. Cette fois, rien. Il a été demandé 10   aux sympathisants, orphelins de Thierry Mesmin (2), cloué au lit par une grippe.

Revirement

C’est que la position de la présidente de Poitou-Charentes a bougé depuis. Bien qu’elle refuse toujours d’engager sa région financièrement, Ségolène Royal affiche désormais son soutien à la LGV. François Coutand a demandé des explications sur ce revirement : « Mme Royal indique qu’elle ne peut pas s’opposer au projet d’un collègue. »

« On assiste au sabotage du train du quotidien et de la prise en otage des usagers du TER dans le cadre de la mise en place de la LGV, poursuit Nicolas Bourmeyster, chantre de l’intermodalité (3). Cette sorte de terrorisme régional appuie là où ça fait mal avec la mise en place d’horaires qui n’ont aucun sens pour les utilisateurs. Après, on viendra nous dire que personne ne prend le TER alors que c’est un outil de développement pour le ruralité. On veut dévaloriser la campagne. C’est le TER des champs contre le TGV des villes. »

Jean-François Rullier  (Photo Centre Presse, Jean-François Rullier)  10/02/2013 09:25

(1) Vice-présidente du conseil régional en charge des transports.

(2) Conseiller général PS du canton de Lussac et président de TER d’Avenir.

(3) Utilisation de plusieurs modes de transport au cours d’un même déplacement.
(Photo Centre Presse, Jean-François Rullier)

 

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