Le maire divers droite de Soyaux sera à nouveau candidat à sa succession en 2014. Une décision que François Nebout dit réfléchie en accord avec son équipe. Pour «continuer ce qui a été commencé».

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Réélu systématiquement maire de Soyaux depuis 1989, François Nebout est aussi vice-président
de GrandAngoulême, chargé des finances. Photo Renaud Joubert

Il l'a annoncé officiellement à son équipe la semaine dernière. Après avoir fait durer le suspense, François Nebout, le maire divers droite de Soyaux depuis 1989, sera candidat à un cinquième mandat lors des municipales de mars 2014. A 65 ans, celui qui est aussi le premier vice-président de GrandAngoulême en charge des finances, dit avoir encore de l'ambition pour sa ville.

Vous avez beaucoup hésité à vous représenter. Qu'est-ce qui motive votre candidature ?

François Nebout. C'est quelque chose de réfléchi. J'en ai discuté avec mes adjoints, ma famille. Malgré la crise et la morosité ambiante, le message qu'on porte est optimiste. Soyaux bouge, se développe, avec des commerçants qui s'installent au Champ-de-Manoeuvre ou sur le parc de la Jaufertie. On est porteur de richesse et de création d'emplois. Je souhaite accompagner ce mouvement contre le renoncement et la fatalité. C'est ça qui me motive.

On sait que votre adjoint Frédéric Cros (1) visait votre succession et que le chèque touché lors de son transfert à Magelis lui compliquait la tâche... D'autres adjoints sont aussi sur les rangs. Votre décision n'est-elle pas liée à l'absence de poulain naturel ?

C'est un peu dommage pour Frédéric Cros, car il a toutes les qualités pour faire un bon maire. Cette affaire lui aurait sans doute posé des problèmes dans une campagne électorale où presque tous les coups sont permis, mais il n'est pas malhonnête, il n'a rien volé. Et c'est un problème personnel qui n'a pas joué dans ma décision. D'autres auraient aussi pu prendre ma place. On en a discuté ensemble et convenu que j'étais le mieux placé pour continuer ce qui a été commencé.

Certains disent que vous vous représentez avec l'idée de démissionner en cours de mandat pour faciliter les choses...

J'ai entendu ces rumeurs, on m'a même posé directement la question. Mais je ne m'engage pas pour arrêter en cours de route. Sauf à avoir des problèmes de santé, je ne pars pas avec cette idée-là. C'est contraire à mon éthique personnelle.

Qui voyez-vous repartir avec vous ?

De nombreux élus sont candidats, mais il faudra éviter le conservatisme. On a besoin de jeunes et de sang neuf pour se remettre en question.

Vous avez l'ambition d'intégrer toujours plus Soyaux dans l'agglo. Qu'attendez-vous des gros chantiers comme la ZAC Gare ?

L'agglo, c'est le périmètre pertinent aujourd'hui pour construire l'avenir, dessiner les plans de circulation, l'habitat, etc. La ZAC Gare, c'est presque le centre-ville de l'agglo et on en est très près.

Vous refusez pourtant la poursuite du busway sur l'avenue du Général-de-Gaulle...

Parce qu'une voie montante et une voie descendante en site propre induiraient la suppression des voitures sur l'avenue qui est notre coeur de ville, mais aussi toute l'entrée Est de l'agglomération. Je ne suis pas du tout opposé au projet. L'idée est plutôt d'amener ce bus à haut niveau de service jusqu'à la place Jean-Jacques-Rousseau, au Champ-de-Manoeuvre, où vivent quand même 4.500 personnes, presque la moitié de Soyaux ! On envisage d'y faire un parking relais.

Busway, classes Cham... Il y a eu des couacs à l'agglo. Quel constat faites-vous sur son fonctionnement et quelle évolution souhaitez-vous ?

Il faut sûrement modifier certaines gouvernances. On est peut-être trop nombreux, ça alourdit les débats. Mais je n'ai pas de solution miracle. J'ai envie qu'on réussisse la mutualisation et qu'on travaille à l'échelon 2020-2030 sans que chacun reste arc-bouté sur son petit secteur. L'urbanisme, le social, les équipements sportifs et la culture pourraient très bien être pris en charge par l'agglo.

Vous avez ajourné un permis de construire de 20 logements de Logélia au Champ-de-Manoeuvre... Où en est-on aujourd'hui ?

C'était un signal d'alarme pour dire: ça suffit, travaillons ensemble à l'agglo pour éviter la concentration des difficultés au même endroit. On a tenu une première réunion il y a 15 jours avec les trois bailleurs, plutôt constructive. Malgré tout ce qui a été fait, le quartier continue de s'appauvrir. C'est le défi de la gestion urbaine de proximité et de la mixité sociale qu'on a en commun avec Angoulême.

(1) Directeur de Magelis.

6 Février 2013 | 04h00 - Mis à jour | 07h42 - Céline Aucher

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