Le Collectif des Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui à l'évènement « Quartiers en Scène » organisé par la Ville de Paris au 104, rue d'Aubervilliers, en présence du Maire, du Ministre de la Ville et de nombreux élus.

Aujourd'hui pour les centaines de milliers de mal-logés franciliens, la Politique de la Ville se résume à un seul mot : l'exclusion.

L'espoir d'obtenir le minimum, un logement décent s'éloigne au fur et à mesure des déclarations politiques : Jean Yves Mano a annoncé à l'automne que l'objectif de création de logements sociaux , déjà notoirement insuffisant au regard du nombre de demandeurs n'avait pas été tenu l'an dernier.

Lors de ses vœux à la presse, Cecile Duflot, Ministre du Logement, a commencé par déclarer qu'elle s'attendait à ce que « la situation soit pire en 2013. ».

Derrière ces déclarations , le réel , pour les mal-logés, c'est de voir leur demande rejetée par tous les interlocuteurs : les maires nous renvoient vers l'Etat , décrétant que l'urgence sociale n'est pas de leur ressort, l'Etat nous renvoie vers les bailleurs, arguant de leur pouvoir décisionnel sur leur parc, et les bailleurs nous rejettent la responsabilité sur les maires et leur refus de construire du logement social en masse, notamment à Paris.

Pour les 126 000 demandeurs de logement parisien, la Politique de la Ville se résume à un mur, de plus en plus grand, qui leur interdit tout accès à leurs droits. La sur-occupation, l'insalubrité, le coût des loyers, de plus en plus exorbitant, l'errance urbaine rend impossible toute vie professionnelle, toute stabilité scolaire et sociale, sans parler des atteintes à la santé.

Dans les quartiers populaires, ceux dont il est question aujourd'hui, l'augmentation des prix de l'immobilier, constante et démesurée, ne cesse de précipiter de nouveaux foyers dans la précarité du logement. Quelques dettes de loyers, un congé pour vente et c'est l'expulsion....Sans même la garantie d'un hébergement, puisque le SAMU Social ne répond plus qu'à un appel sur deux, et que l'Aide Sociale à l'Enfance oppose des ruptures de prise en charge des hébergements à un nombre croissant de familles.

Nous venons interpeller nos politiques , parce que la réponse concrète à certaines questions urgentes ne peut plus attendre.

– Le financement des 150 000 logements sociaux annuels promis par le gouvernement va-t-il être assuré , et ce alors que les experts du monde HLM comme les associations confirment que les fonds actuels ne permettront même pas d'atteindre les 100 000

Sur ces 150 000 logements, le nombre de PLA-I, qui pour l'instant plafonne à moins de 30% va-t-il être relevé à la hauteur des besoins réels , alors que 75% des demandeurs Franciliens ne peuvent accéder qu'à ce type de HLM

Quand les terrains et bâtiments parisiens dont la liste a été publiée à l'automne vont-ils être cédés pour faire du logement social ? La Ville de Paris va-t-elle augmenter la proportion de 40% dédiée aux HLM sur ces surfaces, notamment dans les quartiers riches, où va-t-elle ouvertement contrevenir à son objectif affiché de « mixité sociale » ?

Une Politique de la Ville sans réponse immédiate à ces questions ne peut-être qu'une politique qui exclut d'emblée une partie des habitants de la métropole, les reléguant dans le non-droit le plus absolu.

C'est pourquoi les mal-logés en lutte sont venus aujourd'hui chercher des réponses dans un événement où la revendication d'un logement pour tous maintenant a toute sa place.

Les mal-logés sont aujourd'hui interdits d'entrée au 104, rue d'Aubervilliers où se tient en présence de Delanoé et du ministre de la ville, l'événement "quartiers en scène" pourtant destiné aux habitants des quartiers populaires. Les forces de police nombreuses bloquent l'entrée du 104.

   
- le 24 Janvier 2013