Les syndicats reprochent à a direction du constructeur automobile  d'avoir menacé mardi de fermer deux sites en France, si aucun accord de compétitivité n'était trouvé avec les organisations syndicales. Renault dément

"L'usine de Flins (Yvelines) est en première ligne" craignent les syndicats (AFP)

Mise à jour : 17h45

Le constructeur automobile Renault a démenti mardi après-midi avoir menacé de fermer deux sites en France en cas d'échec des négociations sur un accord de compétitivité au sein du groupe, comme l'en ont accusé plusieurs représentants syndicaux.

La négociation ne doit pas "s'apparenter à du chantage"

"Les discussions qui sont en cours actuellement chez Renault doivent évidemment respecter le dialogue social et donc la méthode des négociations et, en aucun cas, ne s'apparenter à du chantage", a-t-on déclaré dans l'entourage du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, en évoquant "un problème de méthode" de la part du constructeur.

"Renault n'a jamais indiqué que "deux sites" pourraient être fermés en cas de non conclusion des négociations en cours sur la performance de ses sites français", a écrit le constructeur dans un communiqué. 

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"La direction nous a prévenus: "si vous ne signez pas, il se pourrait que deux sites ferment", a indiqué Laurent Smolnik, délégué central FO, selon qui la direction n'a pas précisé quels sites pourraient être touchés. Des délégués CGT et CFE-CGC ont confirmé ces propos. 

Jusqu'à présent, depuis le début des discussions sur la compétitivité, Renault conditionnait la "non fermeture de site" à la signature de l'accord par au moins 30% des syndicats représentatifs. "Aujourd'hui, elle nous a répondu que s'il n'y a pas d'accord, c'est au minimum deux sites qui fermeraient", a ajouté Dominique Chauvin, délégué central CFE-CGC.

"Elle a aussi parlé du non engagement d'affectations de produits pour l'instant prévus en France", a-t-il dit.

"Flins (Yvelines, ndlr) est en première ligne, et pour des gammes normalement prévues en 2014 pour Douai par exemple, la direction pourrait très bien envisager de les expatrier. Le plus dur c'est de concevoir le produit. Après, quand on l'a industrialisé, on peut déplacer les moyens. C'est malheureusement la réalité des faits", a-t-il souligné.

La direction égrène depuis des semaines ses propositions pour gagner en compétitivité dans ses sites français. Elle prévoit notamment la suppression de 8.260 postes d'ici fin 2016, une harmonisation du temps de travail, et un gel des salaires pour 2013.

/Publié le 22/01/2013 à 16h59 | Mise à jour : 22/01/2013 à 17h46
Par Sudouest.fr avec AFP