Quel avenir pour le Mali ?

Lors de leur réunion de crise samedi à Abidjan, les dirigeants ouest-africains ont appelé la communauté internationale à soutenir la force africaine qui s’apprête à se déployer au Mali. Berlin a répondu à cet appel.

« L'heure a sonné pour un engagement plus large, afin qu'une plus grande solidarité se noue autour de la France et de l'Afrique dans la guerre totale et multiforme contre le terrorisme au Mali. »

Huit pays ouest-africains plus le Tchad participent à la Misma

Voici l'appel lancé samedi par le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à l'ouverture du sommet de crise à Abidjan. Plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement ou ministres des pays membres, de même que le président tchadien Idriss Deby étaient réunis pour un sommet de crise consacré au prochain déploiement d'une force africaine au Mali. Neuf pays africains (Nigeria, Togo, Bénin, Sénégal, Niger, Guinée, Ghana, Burkina Faso et Tchad) ont annoncé contribuer à cette force, baptisée Misma, Mission internationale de soutien au Mali. Environ 5.800 soldats doivent être déployés dans le pays pour relayer les soldats français.

Conférence de donateurs en Ethiopie

Des soldats togolais sont déjà arrivés à Bamako Egalement présent, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré que la force africaine devait entrer en action le plus vite possible. Il a rappelé que l'opération française n'avait « pas vocation à se substituer à l'action de la Misma ». Le représentant français a aussi annoncé la tenue d'une conférence de donateurs le 29 janvier à Addis Abeba au profit de la force africaine. A l'issue du sommet, les dirigeants de la Cédéao ont demandé aux Nations Unies « de fournir immédiatement l'appui logistique et financier pour le déploiement de la Misma ».

Détermination au Mali et en France

Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a déclaré que la guerre serait « sans doute coûteuse et épuisante », mais que son pays la gagnerait « au nom de la civilisation et de la démocratie ». De son côté, le président français François Hollande a affirmé que les troupes françaises resteraient au Mali « le temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu dans cette partie de l'Afrique ».

L'Allemagne promet son aide

ARCHIV: Ein L'Allemagne apporte un soutien logistique aver deux Transall de la Bundeswehr

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a promis au Mali une aide supplémentaire dans la lutte contre les rebelles islamistes. En plus de l'envoi de deux avions militaires, Berlin fournira des formateurs et un soutien financier. Lors de la conférence des donateurs d'Addis Abeba à la fin du mois, « l'Allemagne assumera ainsi ses responsabilités », écrit le ministre dans une tribune dans l'hebdomadaire « Bild am Sonntag ».

Progression des troupes vers le nord

Sur le terrain, les troupes françaises et maliennes ont repris aux islamistes le contrôle des villes de Konna et Diabali, dans le centre du pays, avant de prendre position à Niono et Sévaré. Selon différentes sources, les islamistes seraient en train de se replier vers Kidal, plus au nord. Le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Jibril Bassolé, médiateur dans la crise malienne, a estimé que les négociations avec les groupes islamistes devaient se poursuivre parallèlement avec l'action militaire au Mali. Il a précisé que la rencontre avec Ansar Edine à Ouagadougou était toujours en préparation.

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  • Date 20.01.2013
  • Auteur Aude Gensbittel
  • Edition Mulay Abdel Aziz

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