Angoulême est volontariste, le Barbezilien attend d'en savoir plus et Cognac veut transformer l'essai au niveau de l'intercommunalité

Angoulême (ici l'école Ferdinand-Buisson) est partante pour démarrer en 2013.
(Photo Tadeusz Kluba)

1 Angoulême la bonne élève

Angoulême appliquera dès la rentrée prochaine la semaine de 4,5 jours dans les écoles maternelles et primaires. « C'est une question à laquelle nous avions déjà réfléchi en interne, car cela faisant partie du projet de campagne de François Hollande », explique Janine Guinandie, adjointe au maire chargée de la solidarité et des affaires sociales. De plus, « il est toujours très intéressant de faire partie des premiers », lance l'élue dans un sourire. Le Département a été pilote, en France, pour le RSA (Revenu de solidarité active) et le service civique.

Deux options sont étudiées par les services municipaux : 1) Allonger la pause de midi des 3 102 écoliers angoumoisins de 3/4 d'heure. Cela laisserait inchangée l'heure de sortie des cours (16 h 30). 2) Garder la pause méridienne telle qu'elle est et avancer à 15 h 45 l'heure de sortie des cours.

Les réunions s'enchaînent. Une est prévue cette semaine entre techniciens et élus. La semaine prochaine, les élus rencontreront les directeurs des établissements. Ensuite, le travail de préparation va intégrer les associations de parents d'élèves, les agents, mais aussi les associations qui interviennent déjà dans le temps périscolaire : Amicale laïque, Francas, Loisirs formation mobilité et enfin la CAF. Lorsque tout sera calé, des réunions auront lieu dans les quartiers lors du dernier trimestre.

Dans une première estimation, le surcoût est évalué à 800 000 euros/an. Angoulême ne connaît pas encore le montant de l'aide qu'elle va recevoir. Touchera-t-elle pour tous les enfants de la ville l'aide maximale annoncée pour les enfants des quartiers en difficulté, soit 90 € au lieu de 50 € ? Ou bien l'aide maximale sera-t-elle attribuée en fonction du nombre d'enfants habitant dans les ZUS (Zones urbaines sensibles) ? La Ville attend une réponse de l'État.

2 Les 4B Sud-Charente préfèrent attendre

Aucune urgence du côté de la Communauté de communes qui regroupe Barbezieux, Baignes, Brossac et Blanzac. Surtout qu'elle vient tout juste, en 2012, d'intégrer la compétence scolaire. Son président Jacques Chabot estime « devoir attendre un peu que ça évolue au niveau des textes ». Il tient aussi, notamment après avoir rencontré quelques difficultés au moment du transfert, « à prendre l'avis des parents d'élèves et des professeurs des écoles. Nous organiserons une rencontre pour avoir une idée beaucoup plus précise des attentes. D'autant que notre position, juste après le transfert, est spéciale. La question se pose : est-ce qu'on se place directement dans cette modification ou attend-on plutôt que tout se mette bien en place et on voit ensuite ? » Le calendrier, pour l'heure, n'est pas déterminé.

3 Cognac joue la carte intercommunale

À Cognac, le maire Michel Gourinchas est partant pour démarrer dès la rentrée 2013 le nouveau système, et ne pas passer à côté de l'aide de 50 € par enfant. Il attend toutefois une rencontre avec l'inspecteur d'académie et une concertation avec les enseignants et les parents pour bien évaluer la cascade de changements induits par cette réforme. Par exemple, comment se réorganiseront les centres de loisirs, et qui pourra bénéficier de la cantine le mercredi ?

Son homologue de Châteaubernard, Daniel Boyer, s'inquiète d'un délai « très court ». Les deux élus se rejoignent sur une proposition, profiter de cette opportunité pour mener une réflexion au niveau de l'intercommunalité. « Nos deux communes ont les moyens de le faire tout seul, mais une majorité de communes seront en difficulté. Chacun va faire un inventaire de ses besoins », explique Daniel Boyer. L'idée serait de mutualiser le potentiel existant avec les centres de loisirs, les clubs sportifs, le conservatoire… pour mener des interventions dans les écoles du territoire toute la semaine. « Il vaut mieux déplacer les éducateurs plutôt que les élèves, cela coûte moins cher », note Daniel Boyer. Un point délicat : l'évolution ne doit pas rompre l'équilibre avec les écoles des petites communes, parfois déjà fragile.

Publié le 15/01/2013 à 06h00 | Mise à jour : 15/01/2013 à 09h07

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