Installés à Angeac-Charente, Catherine et Dominique Gabart suivent avec attention les exploits de leur fils François, leader du Vendée Globe.

C'est sur l'un des bateaux suiveurs de Macif que la famille de François Gabart a suivi le départ. Ils seront naturellement aux Sables d'Olonne pour l'arrivée du benjamin de la famille. (photo v. CURUTCHET / DPPI / MACIF)

Depuis 65 jours, François Gabart affronte les océans. Le leader du Vendée Globe peut compter sur le soutien de ses proches restés à terre. Comme lors de chaque course au large du benjamin de la famille, c'est quotidiennement que sa famille suit ses exploits. Ses parents, Catherine et Dominique, installés à Angeac-Charente, à côté de Châteauneuf, nous ont livré leurs impressions.

Le départ en novembre

Toujours en tête
Le Charentais était toujours en tête ce lundi matin et fonçait cap au nord dans l'Atlantique sud à la latitude de Recife, au Brésil, suivi à 263,7 milles par son compatriote Armel Le Cléac'h (Banque Populaire).

« Nous avions loué pendant huit jours une maison aux Sables d'Olonne pour que tout le monde, ses deux sœurs et son beau-frère, puisse se réunir avant le départ. Le jour du départ, nous étions invités par Macif qui avait loué deux gros bateaux à moteur pour que l'on puisse accompagner François. »

Le ressenti au moment du départ

« François avait eu un certain nombre d'invitations pour le suivre. Nos plus proches amis étaient présents. Il y avait bien sûr l'excitation du moment, mais nous n'étions pas seuls, alors on n'a pas trop réalisé. C'est le lendemain, sur la route du retour en Charente, dans la voiture, que ça a été un peu plus difficile. Surtout qu'on a appris dans la voiture, à la radio, un premier abandon. Ensuite, chaque jour, on annonçait un nouvel abandon… Celui de Kito (avec qui François avait terminé deuxième de la Transat Jacques Vabre en 2009, ndlr), nous a beaucoup affectés. »

Le suivi de la course

« Nous sommes des lecteurs des journaux papier. Les ''jeunes'' autour de nous nous avertissent quand il y a des articles sur François et nous allons acheter les journaux. On lui fait une petite revue de presse (rires). Sinon, on se rend régulièrement sur le site Internet du Vendée Globe. »

Le contact avec François Gabart

« Il est erroné de penser que nous nous envoyons des SMS. Nous avons une adresse e-mail mais nous n'en abusons pas. Depuis le début de la course, nous avons dû en envoyer quatre. Nous respectons le principe que la terre ne contacte jamais le bateau, c'est toujours l'inverse. Nous avons été heureux de son petit coup de fil le 1er janvier. Il voulait rassurer ses parents et partager son passage du Cap Horn. Nous étions ravis de l'entendre. Mais sinon, nous n'avons aucun traitement privilégié et les médias sont chanceux de l'avoir autant (rires). »

« Pourvu que le téléphone ne sonne pas »

« Nous avons donné, avant le départ un numéro de téléphone où nous joindre en cas d'urgence. Nous espérons qu'il ne sonnera pas. Il a déjà sonné une fois lors de la Barcelona Race (1), à 5 h 30 du matin… pourvu qu'il ne resonne pas. »

Noël sans le petit dernier

« François était parti avec un petit cadeau au contenu secret, à ouvrir au moment de Noël. Il s'agissait d'une petite pensée. Nous avions aussi remis à l'équipe Macif, une clef USB qu'ils ont glissée dans son paquetage. Dans cette clef, des images de paysages de montagne pour changer de ceux de mer. »

Une surprise de voir le navigateur en tête ?

Quand on lit ''la progression fulgurante'' ça nous fait sourire car François a toujours eu de bons résultats, et ce, depuis l'âge de 9-10 ans. C'est un garçon rigoureux, méthodique, posé, résistant, intelligent et compétent en matière de navigation. Ce n'est donc pas une surprise de la voir à ce niveau. Mais si ce qu'il fait est très bien, tout est possible et la ligne n'est pas encore coupée. »

Une famille au pied marin

« Je ne sais pas d'où vient la fibre maritime de la famille. Le grand-père de François construisait déjà des bateaux. À la fin de la guerre, mon père (c'est le père de François Gabart qui intervient, ndlr) construisait des Sharpie (voiliers à fond plat, ndlr). J'ai été baigné tout petit dedans, en 1953, je me souviens d'une ossature de bateau qui me servait de parc. Avec ma femme et les enfants, nous avons traversé l'Atlantique, François avait 6 ans, ça marque un peu… Nous passions toutes nos vacances sur l'eau. Plus grand, je lui ai construit son premier Optimist. Nous l'avons toujours au fond du garage, il servira à Hugo (le jeune fils du navigateur, ndlr). Les chats ne font pas des chiens…»

L'arrivée

« On ne peut pas ne pas être là. Mon mari s'arrangera et j'ai des collègues assez complaisants pour me remplacer (sourire). Si François arrive à trois heures du matin, nous filerons après notre journée de travail. Mais pour nous, il est impensable de ne pas y être. Si les médias ne le happent pas trop, j'espère qu'il pourra venir en Charente dans les semaines qui suivent son retour. Mais s'il y a de la neige, je pense qu'il ira skier (rires). »

(1) Navigant avec Michel Desjoyaux, François Gabart avec été contraint à l'abandon en 2011 dans la Barcelona World Race, la course autour du monde à la voile en double.

  

  

Publié le 14/01/2013 à 06h00 | Mise à jour : 14/01/2013 à 10h08 - Par Aude Boilley

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