Dans la perspective d'un projet commun censé faciliter l'ascencion du sport féminin de haut niveau, footballeuses et handballeuses se retrouvaient mardi soir, pour un entraînement inédit.

Pas de grande différence, mardi, entre le bleu de l'ACH et celui de l'ASJ.

Pas de grande différence, mardi, entre le bleu de l'ACH et celui de l'ASJ.
(photo tadeusz kluba / « sud ouest » )

Mardi soir, 19 heures, salle de la Grand-Font d'Angoulême. Ils sont tous là : Corinne Diacre et Jean Parades pour l'ASJ Soyaux, Loïc Cambérou et Jean-Étienne Mattiuzzo pour l'ACH. Sans oublier les deux présidents Évelyne Touzé-Rocher (ACH) et Denis Bodi (ASJ Soyaux), accompagnés bien sûr d'une trentaine de joueuses des deux clubs qui vont s'opposer dans deux minis tournois de football et de handball.

Cette séance mixte est avant tout ludique. Toutes ou presque se connaissent sans jamais avoir eu l'occasion de partager un tel moment. « De mémoire, confie Corinne Diacre, c'est la première fois que ça se fait. C'est une initiative qui permet de poser les premiers jalons de ce que veulent faire les dirigeants. Et puis, continue-t-elle, il fallait trouver le bon moment. L'an passé, en D1, c'était plus difficile. Cette année, les deux clubs gagnent et c'est plus propice aux moments de convivialité. On va voir comment ça se déroule, débriefer entre techniciens et pourquoi ne pas renouveler l'expérience. Mais il ne faut pas non plus que cela devienne une habitude. »

 

Même discours du côté de Loïc Cambérou. « On s'est rencontré avec Corinne l'an passé lors d'une séance de musculation de nos équipes, et c'est là que l'idée a germé. Aujourd'hui, le contexte est favorable pour concrétiser ce projet. » Ces « excellentes initiatives », comme les qualifient Évelyne Touzé-Rocher et Denis Bodi, ne sont que les prémices de ce que veulent faire les deux clubs auxquels il faut associer celui du La Couronne Basket (LCB).

« On souhaite réaliser des choses ensemble, affirment les deux présidents, pour montrer que le sport féminin de haut niveau dans l'agglomération d'Angoulême est une réalité. » Il faut bien admettre qu'en matière de niveau, ces deux formations féminines sont les plus représentatives et qu'elles n'ont pas de complexe à nourrir vis-à-vis du sport masculin.

« Ce sont des clubs qui ont du vécu, rappellent les deux présidents, et on doit s'appuyer là-dessus. L'expérience du haut niveau, on l'a. L'AJS Soyaux côtoie la D1 et la D2 depuis 1982 et l'ACH depuis 1999. Donc, du savoir faire, il y en a. Maintenant, pour être pérenne et gravir un échelon, les deux clubs voire trois avec le LCB doivent pouvoir accueillir des jeunes dans de bonnes conditions. »

Un centre d'hébergement ?

Dans un premier temps, les trois clubs, auxquels s'ajoutera le club de rugby féminin de La Couronne, organisent le 15 juin 2013 une journée d'initiation aux quatre sports pour les enfants non-licenciés de l'agglomération.

Cette initiative sera encadrée par les joueuses vedettes des différents clubs. Et puis le gros projet à court terme, c'est la création d'un centre d'hébergement. « On a identifié un besoin récurrent, affirment les deux présidents. On sait que la formation doit être prioritaire mais pour ça, on doit se montrer attractif auprès des jeunes de régions autres que le Poitou-Charentes ».

Un état des lieux va donc être réalisé pour recenser les besoins et un projet va être monté et présenté à des financeurs. « Le but, martèle les deux présidents, c'est de proposer un encadrement et une structure de qualité aux jeunes pour les accompagner vers le haut niveau. »

Ça bouge, donc, du côté du sport féminin de haut niveau, et ces initiatives ne peuvent être qu'encouragées.

Publié le 11/01/2013 à 06h00 - Par Jean-François Chrétien

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