En un an, la population départementale a stagné, avec un gain minime de 14 habitants. La Charente reste le moins peuplé des départements de la Région

Seconde ville du département, Cognac a perdu 172 habitants en une année,
selon l'Insee (Anne Lacaud)

Un tout petit soubresaut. Mais un soubresaut quand même, diront les moins grincheux. Selon les chiffres livrés par l'Insee, la Charente a gagné 14 habitants en un an : sa population légale, basé sur le recensement de 2010 (1), passe de 351 563 habitants au 1er janvier 2012 à 351 577 habitants au 1er janvier 2013. La Charente reste à ce titre le moins peuplé des quatre départements de la Région (19,85 % de la population régionale), bien loin du département le plus peuplé, l'autre Charente, dite maritime, et ses 622 323 habitants (35,15 % de la population régionale).

Que nous disent ces chiffres à brûle-pourpoint ? D'abord que les trois principales villes du département continuent de voir leur population décroître. Avec 41 613 habitants, Angoulême a perdu 629 Angoumoisins en un an (-1,48 %). Cognac (18 729 habitants) n'est guère mieux lotie avec une perte sèche de 172 âmes (-0,91 %). Début 2012, Soyaux était passée sous la barre des 10 000 habitants. Cette régression se poursuit aujourd'hui avec 398 habitants en moins (9561, -3,91 %).

 

Le club des 20

1. Angoulême, 41 613 habitants.

2. Cognac, 18 557.

3. Soyaux, 9 561.

4. Ruelle, 7 370.

5. La Couronne, 7 123.

6. Saint-Yrieix, 7 025.

7. Gd-Pontouvre, 5 937 habitants.

8. L'Isle-d'Espagnac, 5 284.

9. Champniers, 5 168 habitants.

10. Barbezieux, 4 768 habitants.

11. Jarnac, 4 434 habitants.

12. Brie, 4 002 habitants.

13. Roullet, 3 939 habitants.

14. Châteaubernard, 3 829.

15. Fléac, 3 629 habitants.

16. Ruffec, 3 545 habitants.

17. Châteauneuf, 3 418 habitants.

18. Saint-Michel, 3 277 habitants.

19. Magnac-sur-Touvre, 3 054 habitants.

20. La Rochefoucauld, 2 997 habitants.

 

Le bond de Saint-Michel

Le recul des trois plus importantes villes du département est encore plus notable si l'on compare avec les chiffres du recensement de 1999 : en une bonne décennie, Angoulême a perdu 3,6 % de sa population, Cognac 5 % et Soyaux 6,05 %.

À qui profite cette fuite ? Essentiellement aux communes périurbaines. Brie, par exemple, ne cesse de grossir : la commune du nord d'Angoulême passe au-dessus du seuil symbolique des 4 000 habitants (4002, +0,61 % en un an et +34,3 % depuis 1999). Sur le territoire du Grand-Angoulême, La Couronne (128 habitants supplémentaires en un an), Saint-Yrieix (+42 habitants) ou Fléac (+40 habitants) accueillent de plus en plus de monde. Le pompon de la progression annuelle la plus spectaculaire du Grand-Angoulême revient à Saint-Michel, avec un bond de 144 habitants (+4,59 % en un an).

Sous les 3 000

Parmi les chefs-lieux de canton, on notera la bonne tenue de Barbezieux. La cité du Sud-Charente avait recommencé à grappiller des habitants l'an passé. Si elle n'est pas tout à fait revenue à son niveau de 1999 (4 819 habitants), la dixième commune de Charente conforte cette hausse avec 41 nouveaux Barbeziliens en un an (4 768 habitants, +0,86 %).

En revanche, pour d'autres chefs-lieux de cantons, la dynamique est plutôt négative : c'est le cas de Ruffec (-19 habitants), Jarnac (-33 habitants) ou Confolens (-88 habitants), la sous-préfecture charentaise qui, avec 2 911 habitants, n'apparaît pas dans le top 20 dans communes charentaises les plus peuplées. Dynamique en berne aussi pour La Rochefoucauld, qui passe en-dessous des 3 000 âmes (2 997 habitants). Dépassée par Magnac-sur-Touvre, la vingtième commune du département perd 109 habitants en une année.

Au rayon des anecdotes, les chiffres de l'Insee nous apprennent qu'Aubeterre, avec 418 habitants, reste le plus petit chef-lieu de canton de Charente. Et que le département compte 14 communes de moins de 100 habitants. En queue de liste, Saint-Sulpice-de-Ruffec et ses 34 Saint-Sulpiciens.

(1) Les chiffres du recensement de 2010 permettent d'établir la population légale au 1er janvier 2013. Nous présentons ici les chiffres de la population municipale, excluant les personnes « comptées à part ».

Publié le 02/01/2013 à 06h00 | Mise à jour : 02/01/2013 à 10h07
Par Bertrand Ruiz

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