La rencontre des ministres des finances de la zone euro aurait abouti cette nuit à un accord historique, un premier pas vers l'Union bancaire. Toutes celles et ceux qui souhaitent profondément le changement en Europe commencent à être fatigués par ces déclarations tonitruantes qui ne se traduisent jamais par des améliorations dans leur vie quotidienne.
Après plus de 4 ans de crise financière, des recapitalisations, des cadeaux de 1000 milliards d'euros aux banques de la part de la Banque centrale européenne, des attaques spéculatives sur les dettes des États, avec l'industrie et le travail vampirisés par la finance, les agences de notation qui font la pluie et le beau temps, les peuples européens prennent conscience que c'est le système dans son ensemble qui est défaillant. Ils le disent d'ailleurs de plus en plus clairement dans les luttes.

Les mesures adoptées vont dans le sens de plus de fédéralisme. Certes cela pourra satisfaire les eurobéats qui n'ont que ce mot à la bouche sans jamais en définir le sens. Mais cela ne répondra en rien aux urgences sociales, car si la BCE reste indépendante des peuples, elle supervisera la spéculation.
Sans contrôle démocratique, sans reprise en main par la puissance publique, le capital continuera à n'avoir que le profit comme horizon et poursuivra le dépeçage des outils de production et ses offensives contre les services publics en Europe.

Pour le Parti de la gauche européenne (PGE), les statuts et les missions de la BCE doivent évoluer. Elle devrait être capable d'orienter le financement de l'économie vers l'emploi, l'industrie et la transition écologique. Elle pourrait abonder une banque publique européenne chargée de financer exclusivement des services publics.

Pierre Laurent, Président du Parti de la gauche européenne, secrétaire national du PCF,

 

- le 13 Décembre 2012