Travaux de reconstruction au Champ-de-Manœuvre, tour W1 et hausse des loyers. Les sujets ne manquent pas pour l'Amicale de défense des locataires.

 

Robert Lafleuriel (à gauche) et des membres de l'Amicale devant l'endroit
où devrait s'élever le second bâtiment de Logélia. (PHOTO D. F.)

Observatrice attentive de la vie sur le secteur du quartier du Champ-de-Manœuvre, l'Amicale de défense des locataires ne connaît guère de trêve dans son action militante, et plusieurs questions sont dans son collimateur en cette fin d'année.

« Dans le cadre de l'Opération de renouvellement urbain (ORU), 332 logements ont été détruits et 264 devaient être reconstruits », commence Robert Lafleuriel, président de l'association. Selon lui, Le Foyer et Logélia, les deux bailleurs sociaux, devaient en prendre en charge 35 chacun (sur quatre bâtiments). Le reste devait l'être par la société La Foncière (loyers libres), et par Logélia dans le cadre d'une opération de location-accession à la propriété.

 

Hausse des loyers

L'Amicale dénonce aussi la hausse des loyers chez Logélia proposée par le président Abel Migné, et qui devrait être adoptée le 10 décembre. « Chaque année, elle est de 1,5 ou 2 % au maximum pour tous. Cette année, Abel Migné a annoncé une hausse modulaire selon les secteurs. Ainsi, dans certaines zones rurales, ça ne bougera pas, mais à Soyaux, la hausse sera de 3 % », regrette Robert Lafleuriel.

Mais pour le moment, on est semble-t-il loin du compte. Le Foyer a construit son premier bâtiment et le second est en cours. Pour le reste, « on a aucune nouvelle de La Foncière. Et l'opération d'accession à la propriété de Logélia est au point mort, faute de clients », note Robert Lafleuriel.

Surtout, le second ensemble que devait construire Logélia sur la place du Champ-de-Manœuvre est au point mort. « Par une délibération du 19 octobre, le Conseil municipal a décidé de suspendre le permis de construire. Le maire (François Nebout, NDLR) ne veut pas que des pauvres ici. Il souhaite loger aussi des riches. Il veut de la mixité sociale. Mais cela ne se décrète pas. Si les gens en difficulté veulent habiter ici, c'est parce que les loyers sont abordables. »

La question du concierge

De son côté, Olivier Pucek, directeur général de Logélia (contacté hier par téléphone) relativise. « C'est vrai que c'est un peu regrettable car nous avions débuté des travaux sur le site », dit-il. Mais pas dramatique : « Nous sommes engagés à reconstruire des logements, ça sera fait, mais rien ne nous oblige à les faire au même endroit », poursuit-il. Pour lui, il n'y a pas de souci avec la municipalité sojaldicienne. « Leur décision est juste un moyen d'interpeller l'Agglomération sur la répartition de la population sur le territoire. »

L'autre gros sujet pour l'Amicale est toujours la question de la tour W1 et la question de savoir si Logélia doit y mettre, ou non, un concierge, qui serait une première dissuasion contre les actes d'incivilités qu'une bande de jeunes continue à commettre. Entre autres « plaisanteries », ces dernières semaines, ils ont déféqué dans l'ascenseur et ensuite étalé leurs excréments sur les boutons et poignées, puis ce fut de la peinture rouge (notre édition du 20 novembre).

« Nous avons rencontré Olivier Pucek, vendredi. Il n'est pas contre l'installation d'un concierge », souligne Robert Lafleuriel. Coût annuel de cette mise en place : 25 000 €, dont 30 % seraient pris en charge par Logélia, soit 7 500 €. « M. Pucek nous a aussi dit qu'a priori, cela déboucherait sur une hausse de 30 € des loyers, mais qu'il allait demander une étude pour avoir un chiffre exact. » Une étude dont les conclusions devraient être connues en début de semaine prochaine.

Mais l'Amicale a également fait la sienne. « En partant du principe que ce concierge pourrait assurer le ménage pour l'instant assumé par une société, nous avons calculé que cela représenterait une économie annuelle de 6 000 €. » Resteraient alors à la charge des 87 locataires 11 500 € ; autrement dit, 132 € pour chacun à l'année, qui représentent une hausse mensuelle du loyer de 11 €. « La somme n'est pas la même. Pour 30 €, beaucoup de locataires n'accepteraient pas ; 11 €, il faut voir. Nous irons les consulter quand nous aurons les propositions de Logélia. Ce sont eux qui décideront. »

Publié le 29/11/2012 à 06h00 - Par Didier Faucard

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