La construction de 20 nouveaux logements est en stand-by au Champ-de-Manoeuvre. Un blocage temporaire assumé par le maire qui veut susciter un électrochoc sur «l'échec de la mixité sociale».

L'Amicale des locataires de Soyaux, qui conteste la décision de la ville, s'alarme du retard
des constructions dans le cadre de l'ORU.  Photo Renaud Joubert

Derrière le chantier du pôle culturel et associatif du Champ-de-Manoeuvre, à Soyaux, l'espace risque de rester vide encore quelque temps. Vingt logements, ainsi que les futurs bureaux de Logélia et les locaux de soins de jour de l'hôpital Camille-Claudel, sont en stand-by depuis que le conseil municipal a ajourné la délivrance du permis de construire le mois dernier. «Un cri d'alarme», avoue le maire François Nebout, qui veut ainsi «attirer l'attention de l'ensemble des partenaires de l'ORU sur une politique aveugle en terme de mixité sociale.»

Le propos n'est pas nouveau. Paupérisation du quartier, concentration de familles en grandes difficultés, conflits de voisinage... «Comme les quartiers d'Angoulême, on récupère les cas les plus lourds. On demande une politique de peuplement plus équilibrée à l'échelle de l'agglomération», reprend François Nebout, qui est là sur la même longueur d'onde que le maire d'Angoulême, Philippe Lavaud (lire CL du 3 janvier 2012). Un sujet qui demande de mettre autour de la table les trois bailleurs et les communes du GrandAngoulême... mais qui n'a pas vraiment avancé depuis un an. «A chaque fois que j'aborde le sujet, on m'écoute et on passe à autre chose», déplore François Nebout.

55 logements en voie de livraison sur 264

Pour l'Amicale des locataires de Soyaux en tout cas, ce blocage est problématique. «Ce bâtiment, on en a besoin: alors qu'on a de plus en plus de pauvres à loger, 332 logements ont été démolis sur le quartier pour très peu de reconstructions», lance Robert Lafleuriel, le président de l'Amicale et ancien opposant au maire.

Sur un total de 264 logements qui devaient être reconstruits à l'origine, seuls 55 sont en voie de livraison aujourd'hui, 35 à Vilogia et 20 à Logélia. «On était prêts à démarrer les travaux du deuxième immeuble», précise Olivier Pucek, le directeur de Logélia.

Alors que bon nombre de programmes sont en attente (1), la Foncière Logement, association investie d'une mission d'intérêt général qui propose du locatif privé, a, elle, déposé une demande de permis de construire à la mairie pour une vingtaine de logements, maisons individuelles et petits appartements collectifs. Un permis qui lui a été accordé il y a plusieurs mois. «On vient juste de recevoir des nouvelles, rassure Robert Jabouille, l'adjoint à l'urbanisme. Ce dossier devrait se débloquer d'ici février.»

(1) En attente d'un nombre minimal de réservations, la construction de 34 pavillons en location-accession à la propriété est suspendue. Celle de 60 à 70 logements en locatif libre n'est pas encore attribuée.

29 Novembre 2012 | 04h00 - Mis à jour | 07h55 - Céline Aucher

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