On l’a appris en même temps que l’élection de Jean-François Copé, l’agence de notation Moody’s a dégradé la note de la France. Compte tenu des aspirations sociales-libérales du gouvernement, nous relayons ici un article publié sur myeurop.info pour rappeler à l’exécutif ce qu’il sait pourtant probablement très bien : l’austérité économique est un cercle infernal.

Hier adeptes de la plus stricte rigueur budgétaire, les économistes du FMI sont désormais formels: l’austérité drastique prescrite en Europe est un remède pire que le mal. Elle tue inexorablement les pays malade de la dette. La raison: le ratio entre baisse des dépenses publiques et croissance servant de référence aux économistes est faux. Explications. Par Renaud de Chazournes pour myeurop.info.

Les économistes du FMI ont tourné casaque. Ils ne prônent plus l’austérité à tous crins. Cette révolution idéologique s’est faite progressivement. Le temps n’est plus où les experts fonds monétaire préconisaient une stricte orthodoxie monétaire à l’allemande.

Dominique Strauss-Kahn, dès son arrivée à la tête de l’organisation internationale en 2007 avait mis en garde les Etats les plus lourdement frappés par la crise de la dette et leurs partenaires européens. Il faut, certes, mettre en œuvre une politique de désendettement, mais aller plus vite que la musique c’est foncer dans le mur. Chi va piano, va sano. Analyse partagée, peu ou prou, par Christine Lagarde, qui lui a succédé à la direction du FMI.

Fait nouveau, cette évolution fondamentale du Fonds monétaire repose désormais sur un ratio économique tangible. Dans une conjoncture hautement dégradée en Europe, le « multiplicateur budgétaire » sur lequel repose les prévisions de croissance, n’est plus de l’ordre de 0,5 comme on semble encore le croire encore à Paris, Bruxelles ou Francfort mais, comme le précise le dernier Rapport sur l’économie mondiale du FMI (disponible ci-dessous, en anglais uniquement), il est nettement plus élevé.

  

   

Le multiplicateur qui tue
On peut y lire, dans un encadré passé inaperçu, si ce n’est par notre confrère suisse Le Temps, en page 41 que :
« Le multiplicateur utilisé pour les prévisions de croissance a été systématiquement trop bas depuis la Grande dépression. Celui aujourd’hui utilisé implicitement est d’environ 0,5%. Le multiplicateur réel peut être, en fait, plus élevé, de l’ordre de 0,9 à 1,7%. »

Et cela change totalement la donne. Cela signifie, très concrètement, que lorsqu’un pays réduit de 1% ses dépenses dans la protection sociale, les infrastructures, l’aide à la cherche, l’éducation… , la croissance va diminuer non pas de 0,5%, mais de 0,9 à 1,7%. L’écart est large, mais il est basé sur les données macro-économiques de 28 pays avec des niveaux d’endettement et de croissance divers.

Évidemment, plus l’économie d’un pays est fragile et plus son endettement est élevé plus le ratio est élevé. Ainsi pour la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie, c’est la spirale dépressive infernale. Les coupes budgétaires massives plongent ces pays dans la récession. Au dessus d’un « multiplicateur budgétaire » de 1%, les coupes budgétaires aggravent la situation économique.

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