Depuis quelques mois, les résidences des Noisetiers et du Grand-Chêne à Soyaux sont la cible de cambriolages à répétition. Une voiture vient même d'y brûler Les habitants sont exaspérés.

 Salon de jardin en tek, bijoux, ordinateur portable... Les Forestier ont été victimes de
deux cambriolages cette année. Photo Renaud Joubert

Cela fait dix ans que nous habitons là. Mais après ce qui vient de se passer, nous allons partir, même si l'endroit nous plaît.» Françoise Forestier n'en peut plus, marquée par les deux cambriolages dont elle a été victime en février et il y a quelques semaines.

Avec son mari Christian, elle avait choisi de s'installer dans ce quartier de Soyaux à l'occasion d'une mutation professionnelle. Un quartier a priori tranquille, calé derrière l'Espace Matisse, le Bois de Soyaux et le cimetière proche du vieux bourg. Un lotissement résidentiel que l'on croirait presque en pleine campagne.

La goutte qui a fait déborder le vase, c'est la voiture en feu que le couple a découverte à 5h30 dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Juste derrière leur maison, entre leur clôture et le bois de Soyaux dans la rue du 11-Novembre, pourtant fermée par une barrière. «J'ai préféré montrer la scène à ma petite-fille qui dormait à la maison pour qu'elle ne se fasse pas de film», raconte la jeune retraitée.

Depuis quelques mois, les Forestier ne sont pas les seuls à être victimes de délits. Même si Maurice Herrault et sa compagne Anne-Marie Linares, des voisins, n'ont connu ni vol ni intrusion dans leur propriété, ils ont repéré des petits manèges qu'ils jugent suspects: «Un jeune vient sonner pour demander un verre d'eau et à l'extérieur, en retrait, on s'aperçoit qu'ils sont toute une bande. Alors on se demande s'ils ne sont pas en repérage...»

Après avoir vu disparaître en pleine journée un salon de jardin en tek avec ses huit chaises - «Ils ne sont pas partis avec tout ça sous le bras quand même !» -, ou encore à l'intérieur de sa maison des bijoux et un ordinateur portable, Françoise Forestier est aujourd'hui au bord de la crise de nerfs. Elle a décidé d'alerter le maire en lui adressant un courrier, «simplement pour qu'il sache ce qui se passe vraiment dans sa commune». Pour rappeler notamment qu'il y a six mois, une patrouille de police, alertée, a pris une bande de cambrioleurs en flagrant délit.

A quelques hectomètres de là, face au square où se dresse le monument aux morts, Annie Blanchier et son mari ont connu les mêmes désagréments. «En mars, alors que nous étions absents, notre voisine a surpris huit jeunes sur notre terrasse. Cela les a mis en fuite», raconte Annie, qui fait partie du conseil des sages de la commune.

«ça devient pénible»

Rebelote en mai, alors que les Blanchier étaient chez leur fille, leur voisine retrouve la maison ouverte au petit matin. «Ils avaient emporté la télé, l'ordinateur, le lecteur de DVD et d'autres objets que l'on n'a pas retrouvés au fil du temps, témoigne encore Annie Blanchier. ça devient pénible dans le quartier.»

«Je comprends le ras-le-bol des habitants, un cambriolage est un véritable viol», reconnaît le maire François Nebout. Pour lui, les incivilités et les délits se sont déplacés de l'autre côté du bois. «Avant, il y avait des problèmes du côté du stade de la rue Rose, rappelle-t-il. En tant qu'élus, nous sommes là aussi pour éviter ce genre de choses aux habitants. Et à force de répétition, cela devient usant moralement pour nous aussi.»

Le maire de Soyaux François Nebout ne peut que déplorer la situation dans laquelle se retrouvent les habitants des deux lotissements. «On alerte régulièrement le directeur départemental de la sécurité publique, en lui demandant que les patrouilles fassent plus de rondes, dit-il. Mais avec deux équipages qui tournent la nuit sur l'ensemble de l'agglomération, la police ne peut pas être partout.»

«Il n'y a pas de solution miracle»

François Nebout ne voit pas de solution miracle pour ce quartier adossé au bois, dont l'accès par l'une des extrémités est totalement interdit aux voitures. «En plus, c'est un bois privé dans lequel nous avons aménagé un parcours santé. On ne peut quand même pas installer un grillage et des barbelés tout autour.» En conclusion, François Nebout lâche, un brin fataliste: «Il n'y a malheureusement pas de solution miracle. S'il y en avait, on les appliquerait.»

9 Novembre 2012 | 04h00 - Mis à jour | 10h16 - François Goubault

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