Un abonnement « actifs » est présenté aujourd'hui. Polémique : les élus d'opposition en revendiquent la paternité.

Une solution se dessine pour les actifs qui se garent en centre-ville. (Photo céline levain)

Ils avaient pétitionné au printemps dernier, remontés contre l'extension du stationnement payant en centre-ville. Les salariés amenés à garer leur véhicule auront bien droit à un tarif préférentiel. Un abonnement travail, « autour de 12 euros » les cinq jours, leur sera présenté cet après-midi par Françoise Coutant, adjointe au maire chargée du développement durable (1).

Si l'élue réserve les détails pratiques aux « premiers concernés », Françoise Coutant assure déjà que les nouvelles dispositions « correspondent aux revendications de ceux qui sont venus nous voir ». En l'occurrence, les porte-parole informels des 426 pétitionnaires, employés du Conseil général, de la Banque de France, du Crédit lyonnais (LCL), du Crédit mutuel, de la Caisse d'épargne, de la BNP, de la Mutuelle 403 ou encore de Logelia, reçus début juillet à la mairie.

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La facture allégée
« Autour de 12 euros » les cinq jours, dit Françoise Coutant. C'est le tarif qui serait retenu pour les actifs. Au printemps, les pétitionnaires avaient calculé le coût qu'impliquait l'extension du stationnement payant en centre-ville (17 rues supplémentaires pour 500 places de parking):« 4 € par jour, soit 80 € pour mois, soit plus de 800 € par an.» La nouvelle mouture présentée par la municipalité allègerait la note de près d'un tiers: 48 € par mois, 576 € par an.

« Noir sur blanc »

« Si on tombe d'accord, tout va bien. S'il y a des litiges, on s'accordera au mieux », poursuit Françoise Coutant. « Ça s'appelle de la concertation. On les avait écoutés sereinement, et puis on a construit un tarif "actifs", dont le maire a validé le principe », décrit-elle.

Tout irait au mieux dans le meilleur des mondes sans la petite musique de l'opposition municipale, prompte à réagir sur un sujet qui la mobilise depuis des mois, entre « consultation citoyenne » et investissement revendiqué au sein d'un groupe de travail sur les déplacements et le stationnement. L'opposant Xavier Bonnefont s'étonne d'autant plus de ne pas avoir été informé de la réunion du jour qu'il attribue à l'opposition la paternité de « l'abonnement travail ».

La proposition n'apparaissait-elle pas « noir sur blanc », insiste l'élu, au détour d'une synthèse de la consultation citoyenne produite en début d'année ? « On se félicite que le maire ait repris cette proposition. Après, la méthode est toujours surprenante. » Et Xavier Bonnefont d'assurer que l'idée, suggérée plusieurs fois au sein du groupe de travail, jurisprudences à l'appui, avait été repoussée par Françoise Coutant. « On s'est entendu dire que c'était trop fragile juridiquement… Il y avait la volonté de ne pas aller dans cette direction. »

« Ouverture d'esprit »

« Je n'ai jamais dit ça et si j'ai émis des réserves, c'était par rapport au zonage », rétorque Françoise Coutant, soucieuse de ne pas alimenter la polémique. L'idée est-elle à mettre au crédit de l'opposition ? « Ça montre l'esprit d'ouverture de la majorité », répond l'élue, tout en assurant que l'abonnement travail avait été avancé par les pétitionnaires eux-mêmes.

« Je trouve ça absurde, on est là pour travailler pour les Angoumoisins, pas pour se battre comme des chiffonniers. Les élus de l'opposition sont associés autant que faire se peut. S'il y a des idées qui entrent dans le cadre du projet municipal, et qui peuvent l'amender favorablement, je suis preneuse. On représente les citoyens, soyons un peu matures. »

(1) Une réunion est annoncée en mairie aujourd'hui, à 17 h 30.

 

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