Philippe Lavaud estime que les politiques mises en place depuis 2008 vont porter leurs fruits. Il défend avec force le projet de transport en commun en site propre.

Philippe Lavaud a défendu son bilan, hier. (Photo céline levain)

D'abord une mise au point. Hier, lors d'une conférence de presse de rentrée très dense, Philippe Lavaud a confirmé qu'il n'accéderait pas à la volonté de l'opposition qui veut l'organisation d'un référendum sur le Plan de déplacement urbain (PDU), soumis à l'enquête publique à compter d'aujourd'hui. « Lors de la précédente campagne, ils ont présenté leur projet. Nous avons présenté le nôtre. Et les électeurs ont tranché », assoit le maire d'Angoulême.

Philippe Lavaud en a profité pour battre en brèche quelques poncifs. Sur le coût du TCSP (Transport en commun en site propre) : « 63 millions d'euros… Quand on parle de 103 millions, on inclut les 40 millions d'euros de dépenses qui existent déjà dans le budget transport de l'Agglomération. L'investissement profitera à tous. Pas seulement aux couloirs réservés pour les bus. Les trottoirs seront refaits, des pistes cyclables créées et l'éclairage public amélioré. L'important, c'est l'intermodalité : aucun mode de transport ne chassera l'autre. »

 
au fil de l'entretien

Solidarité  Avec « attractivité », c'est l'un des mots clés de l'intervention du maire. Et la solidarité passe notamment par l'insertion : la clause d'insertion se généralise dans les chantiers de l'Agglo.

Barrouilhet  « Les héritiers Barrouilhet ont accepté de reprendre les négociations, mais avec une procédure en parallèle qui peut aller jusqu'à l'expropriation si les négociations n'aboutissent pas. » L'endroit est pressenti pour accueillir une aire de stationnement d'entrée de ville.

Oru « Le gros morceau », note Philippe Lavaud. Avec quelques échéances, de la construction du pôle petite enfance, dès décembre 2012, à celle du nouveau Centre social du secteur Ouest, début 2014.

Sécurité Sensibilisé à la recrudescence de marginalité autour du Champ-de-Mars, Philippe Lavaud annonce des actions « conjointes entre la police municipale, nationale et les acteurs sociaux dans les semaines qui viennent. Il faudra œuvrer avec pédagogie mais aussi répression si les règles ne sont pas respectées. »

Service public La municipalité ouvrira quatre espaces publics municipaux dans quatre secteurs de la ville, le premier à Ma Campagne avant fin novembre.

Sports « Nous poursuivrons notre politique de réhabilitation des équipements. Au départ, nous étions mal compris parce que nous avions baissé les subventions. Mais c'était pour réinvestir dans l'équipement. Aujourd'hui, le message passe bien. » Sur le volet sportif, Philippe Lavaud s'est projeté bien au-delà de 2014 : « Nous devons avoir, à l'Agglo, une réflexion autour d'un nouvel outil. Il nous manque un équipement du type des Vauzelles à Cognac… La solution Carat n'est pas viable. Avec la programmation culturelle et les salons, on aura du mal à garder des créneaux pour le sport. Sa polyvalence est finalement un handicap. »

Sur le financement : « Les entreprises et collectivités financent. Pas les impôts des ménages. » Le maire finit par renvoyer son opposition à un passé récent : « 63 millions, c'est le coût de la dette structurée que nous laisse l'ancienne majorité. Pour rien. Alors que là, nous finançons du service aux habitants et aux entreprises. C'est du concret, du tangible. »

Révolution

Du concret et de l'activité… Hier, Philippe Lavaud s'est posé en défenseur de l'investissement public et de la « croissance locale » : « 70 % des lots pour la médiathèque ont été attribués à des entreprises charentaises. Et on espère qu'elles bénéficieront largement du chantier TCSP », appuie un maire offensif, persuadé que l'Agglomération est dans les clous pour recevoir, à l'horizon 2017, les premières rames de la LGV. « Cette chance ne se représentera pas deux fois. Une révolution des transports se prépare et Angoulême a une carte à jouer, comme étoile ferroviaire du sud de la région, là où les grandes métropoles risquent la sclérose de leur potentiel de développement. »

Décomplexé sur 2014

Attractivité, le mot revient sans cesse… Philippe Lavaud raccroche d'ailleurs l'ensemble des politiques qu'il défend (logements, équipements structurants, etc.) à cette volonté « d'accueillir de nouveaux habitants et de nouvelles activités ».

« À plus d'un an de la fin du mandat, tous les projets sont en cours. On est dans cette dynamique. Le temps peut paraître long, parce qu'il faut d'abord monter les dossiers, mais nous avons enclenché un processus. Je rappelle que quand on a pris la mairie, il n'y avait aucun élément de planification, aucune anticipation de l'arrivée de la LGV .»

Pour voir l'aboutissement de la politique vantée hier avec fermeté, Philippe Lavaud aura besoin de garder les commandes de l'hôtel de ville après 2014. Et, hier, à force d'évoquer « l'Agglo du futur » et d'appuyer sur la conformité entre l'action de 2012 et les promesses de 2008, il était difficile de ne pas voir, dans ce « point d'étape », un jalon posé pour la campagne municipale à venir. Décomplexé sur le sujet, entouré par sa garde rapprochée (Rachid Rahmani, Dominique Lasnier, Victor Kerriguy) et un nouveau directeur adjoint de cabinet (Guillaume Guéroult), le maire élude par une pirouette (« je considère que je suis toujours en campagne ») et dit « ouvrir la porte à ceux qui veulent travailler sur les bases que nous avons jetées ».

Publié le 18/09/2012 à 06h00 - Par bertrand ruiz

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