Fermé pour travaux du 9 juillet au 10 août, le tunnel sera ensuite réservé aux véhicules de moins de deux mètres de haut. Explications.

Le tunnel de La Gâtine va fermer pendant un mois cet été. (photo céline levain)

Karl Delobel est conscient des désagréments que vont subir les transporteurs. Mais l'ingénieur des services de la Ville, chargé spécifiquement du lourd dossier, note que la limitation d'accès au tunnel de La Gâtine est l'un des points majeurs du programme de réhabilitation obligatoire d'une infrastructure unique.

À partir du 10 août, et après un bon mois de travaux, le tunnel urbain de 565 mètres de long sera uniquement réservé aux véhicules de moins de deux mètres de haut.

histoire
Le tunnel de La Gâtine a entendu siffler le train
Le tunnel de La Gâtine a été réalisé en 1895 pour le compte des Chemins de fer de l'État. Il a vu défiler les trains jusqu'en 1932, date de sa désaffectation. À partir de 1977, le tunnel est transformé pour être destiné à un usage routier. Les travaux durent deux ans, jusqu'en 1979. Le tunnel routier est ouvert depuis 1980.

La mesure est radicale, mais impérative dans la mesure où la Ville d'Angoulême est censée mettre à niveau tous les équipements de sécurité d'un tunnel (ventilation, lumières, etc.) emprunté quotidiennement par 17 500 véhicules. Rappelons que le coût global des travaux, qui auraient dû être achevés fin 2012, tourne autour de 15 millions d'euros. En limitant l'accès au tunnel de La Gâtine, en accord avec le Centre d'études des tunnels (Cétu), la Ville donne des gages à l'État, à hauteur de 300 000 € tout de même, et évite une hypothétique, mais toujours plausible, fermeture administrative de la voie creusée dans la roche.

« En France, il n'existe pas d'autre tunnel bidirectionnel à trafic non négligeable qui soit géré par une seule collectivité. La plupart des autres tunnels de ce type appartiennent à des sociétés autoroutières privées », note Karl Delobel. Or, les tunnels de plus de 300 mètres qui supportent un trafic significatif, comme à La Gâtine, sont soumis à une réglementation drastique, au même titre que le fameux tunnel du Mont-Blanc.

« Il faut savoir qu'avant 2006, tous les véhicules passaient et le risque d'incendie équivalait à une puissance de 200 mégawatts. Puis, le tunnel a été réservé aux véhicules de moins de 3,5 tonnes et interdit au transport de matières dangereuses. Le risque d'incendie a diminué (30 mégawatts), mais il n'y avait aucun dispositif physique qui nous garantissait le respect de la réglementation. »

Galerie d'évacuation

À partir du 10 août, cela ne sera plus le cas. Une première barre, avec fléau, puis un deuxième dispositif fixe à deux mètres de hauteur empêcheront tout passage de véhicule trop imposant. Seuls les pompiers bénéficieront d'un système spécifique pour leurs véhicules de secours. « Nous sommes obligés d'en passer par là. Si nous avions maintenu l'accès au tunnel en l'état, la réglementation nous aurait tout bonnement imposé de creuser un second tunnel à côté de l'existant. » Physiquement et financièrement impossible…

En limitant l'accès au tunnel aux véhicules de moins de deux mètres, la Ville ne fait pas que réduire le risque d'incendie à cinq mégawatts. Elle anticipe aussi les travaux à venir : « Une galerie d'évacuation pour les piétons devra être bâtie en parallèle des voies de circulation. Elle prendra le tiers du tunnel, avec des sas tous les 50 mètres. Forcément, les voies de circulation seront réduites. La limitation aux véhicules légers permet aussi de diminuer les risques d'accrochage. »

Les lourds travaux n'ont pas encore été programmés. Ils dureront un an. Une année au cours de laquelle le tunnel sera complètement fermé

06h00 - Par bertrand ruiz  

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