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30 avril 2012

UN 1ER MAI PLUS POLITIQUE QUE JAMAIS

Les manifestations du 1er Mai prennent cette année une tonalité particulière, présidentielle oblige. Les syndicats charentais en sont conscients. Tout en défendant la «fête des travailleurs».

La banderole réalisée pour l'occasion sera en tête de cortège demain. Dans le contexte politique,
les syndicats s'attendent à accueillir «un monde fou».Photo Renaud Joubert

Pour la photo, ils ont refusé de poser à proximité d'un panneau électoral où s'affichent les visages de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. «La CGT en tout cas ne sera pas présente sur la même image que les candidats à la présidentielle», s'agace Évelyne Videau, la secrétaire de l'Union départementale, en compagnie des représentants locaux des corps intermédiaires, déroulant une banderole devant la maison des associations d'Angoulême, dans le quartier du Nil.

À l'heure d'annoncer les deux manifestations locales programmées demain (1), pas question, justifie-t-elle, de donner un tour trop politique à ce «rendez-vous de la solidarité internationale». «C'est la fête des travailleurs. C'est vrai, cette année, la fin d'un quinquennat catastrophique la rend très politique. On s'attend d'ailleurs, dans ce contexte, à accueillir un monde fou.» «Bien sûr que l'élection présidentielle donne une couleur particulière à cette manifestation, renchérit Jean-Michel Paillé, de l'union syndicale Solidaires. Mais à la différence des politiques qui se mettent en avant en ce moment, nous, nous étions là l'année dernière. Et nous serons là l'an prochain.» Dans les rangs de la CFDT, Joseph Aubineau réprouve lui aussi par avance toute «récupération politique». «Les organisateurs des manifestations, c'est nous les syndicats. Rien que nous.»

«Ce sera une bonne occasion de clamer que le gouvernement sortant et le président-candidat sont à la tête d'une entreprise de démolition qui siège rue du Mépris», attaque sur un ton très politique Alain Héraud de la Fédération syndicale unitaire (FSU).

Au-delà des représentants et délégués actuels des organisations syndicales participantes, de «grands anciens», fidèles de la bataille syndicale et inconditionnels de la manifestation des travailleurs, disent à quel point ce moment revêt pour eux une importance particulière. Cette année et de tout temps.

«Toujours en phase avec l'actualité»

«Le 1er Mai, ce n'est pas un combat partisan, pas une bataille de droite ou gauche. C'est un combat humaniste», s'enflamme, Jean-Claude Viollet, député PS de la première circonscription qui, avant de s'engager sur la scène politique, a été pendant neuf ans permanent à la CFDT.

«Le 1er Mai, ç'a du sens, aujourd'hui plus que jamais, poursuit William Jacquillard, ex-secrétaire départemental de la CGT, prédécesseur d'Évelyne Videau à la tête de l'organisation.

Avis partagé par Jean-Michel Pluyaud, aux commandes de l'Unsa Éducation, pour qui «la manifestation se doit d'être toujours en phase avec l'actualité». «L'année dernière, c'était pour s'indigner de la réforme des retraites. En 2002 contre la percée de Le Pen à la présidentielle. En 2003 sur la question de la décentralisation.» Une pointe de regret quand même pour ce fidèle parmi les fidèles: «J'aimerais que certains qui nous voient défiler ce jour-là nous perçoivent autrement que comme les représentants d'un rendez-vous aux allures folkloriques.»

Évelyne Videau de la CGT défend la «tradition». Et les coutumes. «Les syndicats seront en tête de cortège. Les politiques, s'il y en a, seront derrière nous. On sera extrêmement vigilants pour qu'il en soit ainsi.» Et gare à ceux qui ne respecteraient pas cette règle immuable: Jacques Thibault, l'un de ses prédécesseurs, secrétaire départemental de la CGT entre 1985 et 1997, peut en témoigner: «En 1988, place de La Bussatte à Angoulême, certains avaient voulu s'approprier la manifestation et s'étaient installés en tête. En signe de protestation, nous avons brusquement pris une direction qui n'était pas prévue. Pour mener notre propre défilé, celui des syndicats.»

(1) Demain, mardi 1er mai, deux manifestations organisées par les syndicats CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa sont proposées en Charente. Départ à 10h30 place de La Bussatte à Angoulême ou à la même heure du champ de foire à Ruffec. Les représentants syndicaux du Cognaçais invitent leurs membres à participer au rendez-vous d'Angoulême ou à la manifestation programmée à Saintes.

30 Avril 2012 | 02h00 Mis à jour | 07h57

Stephane Urbatjel

CHARENTELIBRE.fr

Posté par ZeCagouille à 11:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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