Photo Yves Flammin

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Prud’hommes. Ces personnes ont été exposées à l’amiante durant leur longue carrière dans l’entreprise de fabrication de ponts. Ils entendent demander réparation.

Daoud Bendahri a travaillé 22 ans à la SOMA, l’une des plus grosses entreprises de la région. IL se souvient : « On était spécialisé dans la conception et l’assemblage des ponts de poids lourds, autocars. On mettait en place les tambours et les garnitures de freins dont l’amiante était un constituant majeur. Ca arrivait brut, il fallait donc les détalonner sur un tour. Il y avait des projections de poussières d’amiante dans tout l’atelier… » Samuel Lombardo, 18 ans de « boîte » ajoute : « On nous disait de donner un coup de soufflette pour nettoyer les accessoires ». Tout ça c’était avant les années 90 et le durcissement des réglementations vis-à-vis de l’amiante (interdit en 1997).

La Soma ayant été alors référencée comme une entreprise ayant utilisé de l’amiante, ces anciens salariés ont pu, comme nombre de leurs collègues, quitter l’entreprise dans le cadre de l’ACATAA, une allocation de cessation anticipée d’activité pour les travailleurs ayant été exposés à l’amiante (1).

Au niveau santé, tous ne sont pas logés à la même enseigne : « Il y a eu des décès, certains ont des plaques pleurales » indique Samuel Lombardo. Alors au regard des procédures judiciaires visant à faire reconnaître un préjudice, ces adhérents de CAPER 42 Comité amiante prévenir et réparer/Loire (2) qui agit pour les victimes de l’amiante ont décidé de porter l’affaire en Prud’hommes, à l’instar des Garlock (2).

Et d’entamer, en 2007, un travail titanesque, constituer les dossiers complets de personnes parties en ACATAA. Des salariés qui ont travaillé entre quinze et trente ans à la SOMA. Aujourd’hui, 160 dossiers complets ont été montés C’est la plus grosse procédure collective jamais entamée dans la Loire (3). Elle sera longue. Augustin Vinals, président de CAPER le sait. Ce qu’il souhaite avant tout « C’est qu’ils ne soient pas fractionnés, mais qu’ils soient étudiés ensemble.On espère que la justice saura nous trouver une salle adéquate ». Les dossiers seront déposés au conseil des prud’hommes de Saint-Etienne dans les prochaines semaines.

(1) Ouvrant à une prise en charge du salaire à hauteur de 65 %.

(2) Contact, 6 rue Tournefort, Saint-Etienne. 0477925411.

(3)- Les demandeurs souhaitent que soient reconnus « le bouleversement des conditions d’existence » et le « préjudice d’anxiété ».

Publié le 19/02/2012 à 06:00

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