La Rédaction, avec Yannick Olland |  RMC.fr  |  26/05/2011


La CRIIRAD, Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité, dénonce de graves dysfonctionnements dans l'information donnée aux Français lors du survol de l'hexagone par le nuage de Fukushima. Débat.
 


Au mois de mars dernier, les autorités nucléaires ont-elles caché pendant 3 jours la présence, en France, du nuage radioactif venant de Fukushima ? L'Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN), l'organisme officiel chargé de mesurer la radioactivité dans notre pays n'aurait pas donné toutes les informations à temps. Officiellement, l'IRSN n'a annoncé qu'à partir du 24 mars que la France avait été touchée. En fait, dès le 21 mars, une première balise avait repéré une hausse très faible de la radioactivité. Le 22 mars, 16 balises, sur les trois quarts du territoire relevaient une augmentation d'iode 131.

« L’IRSN aurait dû avertir les Français… »
 
Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), dénonce un « défaut d’information » : « La présence de particules radioactives venant du Japon a été détectée dès le 21 sur un point et dès le 22 sur 16 points différents, c’est-à-dire sur les trois quarts de la France. Donc la radioactivité a touché le sol français avant soi-disant la première fois, au Puits-de-Dôme le 24 mars. L’IRSN aurait dû, à ce moment-là, avertir les Français que les particules étaient bien là. »
 
« Des mesures tellement faibles qu’il n’y avait aucun risque sanitaire »
 
Mais pour l’ingénieur en génie nucléaire Bruno Comby, président de l'association des écologistes pour le nucléaire, les autorités n'ont rien caché, simplement la radioactivité était tellement faible qu'il a fallu plusieurs jours d'analyse pour la mettre en lumière : « Les doses étaient tellement faibles que l’IRSN attendait validation des mesures plus précises qui sont faites avec des comptages qui prennent plusieurs jours, pour pouvoir confirmer. Et effectivement la confirmation est venue un ou deux jours après. Ça ne change rien du tout de décaler les résultats des mesures de 24 ou 48 heures, parce que c’est de mesures tellement faibles que de toute façon il n’y a strictement aucun risque sanitaire. La CRIIRAD fait preuve d’un alarmisme qui frise le ridicule dans cette histoire. »
Les anti-nucléaires déçus et inquiets...
En effet, même la CRIIRAD le reconnait : cette contamination ne soulevait pas de problème de santé publique. Il suffisait de recommander aux enfants, femmes enceintes et allaitantes d'éviter pendant 1 mois le lait et les fromages de chèvre et de brebis. Mais pour l'association, ce n'est pas parce qu'il n'y avait pas de danger sanitaire qu'il ne fallait rien dire. Pour la CRIIRAD, le nuage de Fukushima, quasiment inoffensif, était l'occasion pour les autorités nucléaires françaises de montrer qu'elles pouvaient être transparentes.
De ce point de vue-là, les anti-nucléaires sont déçus et inquiets. Ils ont demandé au Premier ministre d'avoir des garanties pour l'avenir.

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