Publié le 05 mai 2011 à 09h15 | Mis à jour à 09h15


Trop jeune pour comprendre de quoi il retourne, une gamine accompagne sa mère dans un bureau de vote d'Elvetham Heath, près de Fleet. Le mode de scrutin en vigueur en Grande-Bretagne sera-t-il le même qu'aujourd'hui lorsque la petite atteindra l'âge de voter ?
   Photo: AFP                   Béatrice DEBUT Agence France-Presse Londres

Les Britanniques se prononcent jeudi par référendum sur une réforme du mode de scrutin, où le «non» devrait largement l'emporter selon les sondages, la seule inconnue étant l'ampleur des dégâts sur la coalition au pouvoir qui s'est déchirée sur la question.

Quelque 46 millions d'électeurs ont à choisir entre le maintien du scrutin majoritaire à un tour pour l'élection des députés ou l'adoption d'un mode de scrutin qui autorise une plus large représentation des petites formations.

Au moins 60% des électeurs devraient voter pour le statu quo, selon deux sondages réalisés cette semaine et publiés dans la presse britannique jeudi.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (6 h GMT) et fermeront à 22 h (21 h GMT). Les premiers résultats ne sont cependant attendus que vendredi en fin d'après-midi.

Nombre d'experts prévoient un faible taux de participation, les deux camps ayant peiné à mobiliser l'opinion sur un sujet complexe au milieu de l'engouement suscité par les noces du prince William et de Catherine le 29 avril.

Cependant, près d'un an après les législatives qui ont débouché sur le mariage de raison entre conservateurs et libéraux-démocrates dans un gouvernement de coalition, les partenaires au pouvoir se sont entre-déchirés sur le référendum.

Les conservateurs faisant campagne pour le «non» et les «lib-dém», troisième force politique du pays, défendant le «oui».

Le vice-premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg a accusé le camp du «non» de colporter des «mensonges».

L'enjeu du scrutin est important pour les «lib-dém», malmenés dans les sondages pour avoir renoncé à des promesses emblématiques comme le gel des frais universitaires.

Le Premier ministre conservateur David Cameron, qui défend le maintien du système actuel «simple, juste et clair», a tenté de minimiser la querelle au sein du gouvernement.

«Bien sûr, nous ne sommes pas d'accord sur l'avenir de notre système électoral. (...) Mais la raison d'avoir un gouvernement de coalition pour résoudre les problèmes de ce pays (...) est aussi valable aujourd'hui qu'il a y an», a-t-il déclaré mercredi.

M. Cameron a été contraint d'organiser le référendum conformément à la promesse faite aux «lib-dém» qui en faisaient une condition sine qua non pour participer au gouvernement, après les législatives de mai 2010, où les conservateurs n'étaient pas parvenus à décrocher la majorité absolue.

Si la réforme électorale était adoptée jeudi, elle pourrait modifier quelque peu la composition de la Chambre des députés, dominée depuis des décennies par les conservateurs et les travaillistes. Ces derniers, relégués dans l'opposition, sont divisés entre le «non» et le «oui» pendant la campagne.

Dans un système dit alternatif - différent d'un scrutin à la proportionnelle -, l'électeur classe les candidats par ordre de préférence. Si personne ne décroche la majorité absolue, on répartit les voix du candidat le moins bien placé au profit des autres, en effectuant la même opération jusqu'à ce que quelqu'un recueille la majorité absolue.

En revanche, dans le système majoritaire à un tour, actuellement en vigueur, le candidat qui obtient le plus de voix est élu.

Ce référendum est le premier organisé au Royaume-Uni depuis 1975, année où les Britanniques étaient appelés à se prononcer pour le maintien ou non dans la communauté économique européenne.

Jeudi, se tiennent aussi des élections locales dans des circonscriptions anglaises et nord-irlandaises, ainsi que des élections aux parlements des régions britanniques semi-autonomes d'Écosse, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord.

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