La Rédaction |  RMC.fr  |  30/03/2011
La mission d'information parlementaire sur la prostitution s'apprête à préconiser des sanctions contre les clients de prostituées. «Il faut les mettre devant leurs responsabilités», disent les député(e)s.

Selon le groupe parlementaire, qui planche sur le sujet depuis 7 mois, il n'est plus tolérable que « 80% des prostituées en France soient exploitées de force ». Il y en aurait environ 20.000 en activité aujourd'hui, dans la rue ou - de plus en plus - exerçant en tant qu'escort girl, à leur domicile en général.
La mission souhaite s'inspirer de la Suède où depuis 10 ans, une loi sanctionne - outre les proxénètes - directement la clientèle. Une amende proportionnelle au salaire lui est infligée. Résultat: la prostitution aurait quasiment disparu en Suède.
«On encourage la traite des personnes», dit la mission
« Il faut mettre les clients devant leurs responsabilités », explique sur RMC Danielle Bousquet, présidente PS de la mission. « Nous pensons qu'il faut pénaliser les clients, mais avant de prendre des décisions, il faudra un grand débat national sur la question. Le client est à l'origine du système de la prostitution. Il le perpétue, il en est co-responsable, parfois inconsciemment. Il faut lui faire comprendre qu’à chaque fois qu’on paie une femme ou un homme, on encourage la traite des personnes, la commercialisation des corps et les profits des mafias. Les exemples étrangers nous montrent que la mesure est réellement efficace ».
« J’ai l’impression que l’Etat est dans mon pieu !» (Emilie, escort girl)
Une position qui scandalise Emilie. Cette escort girl de 30 ans témoigne sur RMC: « Nos clients ne sont pas des agresseurs, ce sont ceux qui nous font vivre. Si on fait ça, les clients seront moins nombreux et nous devrons accepter des gens plus dangereux ou plus "trash". Il est de plus en plus courant par exemple qu'ils veuillent faire l’amour sans préservatifs. S'il y a moins de clients, les nouvelles venues vont accepter ce genre de relations. Les hommes viennent nous voir pour passer du bon temps ils ne sont pas un danger; ils ont souvent besoin de nous pour aller mieux, il y a un côté thérapeutique à notre rôle. Je vous rappelle que beaucoup d’entre nous sont prostituées par choix, nous payons des impôts comme tout le monde [NDLR: Emilie est déclarée comme "thérapeute"]. Avec ce projet de sanction à l'étude, j’ai l’impression que l’état est dans mon pieu ! »

   RMC.info