la Cagouille Enchaînée

26 mai 2012

FLAMME OLYMLPIQUE - Dessin de duBus

ELLE EST ÉTEINTE... pOURTANT JE NE COURRAIS PAS SI VITE... JE NE COMPRENDS PAS...

DUBUS

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25 mai 2012

HADOPI : GUERRE DES TRANCHÉES EN VUE

Le chantier de l’après-Hadopi vient de commencer. La réforme risque de créer des tensions au sein du gouvernement et du PS. Une belle cacophonie en perspective. Et on peut compter sur les lobbys culturels pour compliquer l'équation.

(Lemouton-pool/Sipa)

Les choses sérieuses commencent. L’Elysée a nommé Pierre Lescure pour diriger la commission de réflexion sur l’après-Hadopi. Pierre Lescure est l’ex-patron de Canal+, le grand argentier du cinéma français, et actuel administrateur du groupe Kudelski, spécialisé dans les DRM, les technologies anti-piratage. On ne pouvait pas faire plus impartial. 
 
Durant, la campagne, Lescure a joué le rôle de conseiller officieux de Hollande. « J’ai essayé de contribuer à sa réflexion sur Hadopi afin qu’il n’abroge pas cette loi sitôt élu mais qu’il ouvre un chantier », disait-il au NouvelObs.com en mars. Il a été visiblement entendu. La nomination de Lescure a d’ailleurs été saluée par la SACD, le puissant lobby du droit d'auteur.
 
La doctrine de Hollande a toujours été floue sur le sujet. Toujours critique sur Hadopi, il n’a jamais voulu prononcer le mot d’ « abrogation » de la loi parlant seulement de son « remplacement par l’acte II de l’exception culturelle ». Son casting pour cette réforme témoigne aussi de cette absence de ligne, plusieurs clans risquant de s’affronter.

L'INFLUENCE DES LOBBYS

Le dossier sera certainement piloté par le ministère de la culture, en l’occurrence chez Aurélie Filippetti. Ce qui l’inquiète dans la loi Hadopi, ce n’est pas l’aspect libertés publiques mais le fait que cette loi « n’a pas rapporté un euro » aux artistes. Si elle refuse la coupure de connexion pour les pirates, elle refuse aussi la légalisation du peer-to-peer et critique la licence globale. Dernier détail : elle devrait prendre comme directeur adjoint de cabinet Gilles Le Blanc, membre de la commission Olivennes, celle qui a donné naissance.. à la Hadopi. De quoi rassurer les industriels de la culture.
 
En face, Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’Economie numérique, tentera de faire entendre sa voix. Durant la campagne, les deux femmes, de la même génération, se sont souvent marchées sur les pieds. Fleur Pellerin avait défendu dans un premier temps le remplacement de la Hadopi par une nouvelle instance « avec des missions de contrôle et d’avertissement » avant de se faire désavouer par Filippetti. Pour autant, au sein du cabinet Pellerin, le ton risque d’être très offensif contre la Hadopi. 
 
En effet, pour former son équipe, Fleur Pellerin a pioché au sein de l’Association des Audionautes. L’ADA fut un des piliers de la lutte contre la répression du téléchargement, les DRM et pour la licence globale. La bête noire des maisons de disques et autre producteurs? L’ex-juriste de l’ADA, Jean-Baptiste Soufron, actuel directeur du think tank « Think Digital », a été nommé conseiller au numérique, Aziz Ridouan, co-fondateur et ex-président de l’association, a été nommé conseiller presse. Les deux hommes travaillaient déjà avec Fleur Pellerin durant la campagne.

COUACS

Mais Pellerin risque d’être plus ou moins écartée de la réforme. Le contour de son ministère, sous tutelle d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Productif, la cantonne aux enjeux purement industriels du numériques étant en plus en charge des PME et de l’Innovation. Les enjeux culturels devraient être du ressort de la seule Aurélie Filippetti, comme lors de la campagne. La rédaction des décrets d’attribution des deux femmes (textes réglementaires fixant leurs prérogatives exactes) s’annonce donc ardue.
 
Les deux ministres avaient à peine déballés leurs cartons qu’un premier couac a eu lieu. Le 20 mai, sur France3, Fleur Pellerin annonçait une décision sur l’après-Hadopi avant 2013. Selon elle, la concertation « sera lancée avant l'été, prendra le temps qu'il faudra pour écouter ce que chacun aura à dire et prendra moins de six mois. Au terme de cette concertation, on avisera sur l'avenir d'Hadopi ». Le lendemain, sur France Inter, Filippetti a mis la pédale douce précisant ne pas être « dans une logique de calendrier ».
 
A l’Elysée qui tranchera au final, c’est David Kessler, conseiller culture, qui sera aux commandes. Ex-conseiller de Jospin, il était jusque là directeur de la publication du HuffingtonPost.fr. Il fut aussi directeur général du Centre national de la cinématrographie, chargé de financer le cinéma. En décembre dernier, dans le Journal des arts, il défendait une position très modérée sur la fin de la Hadopi : «  Il ne suffit pas de dire qu’on est ‘contre’ Hadopi par exemple, encore faut-il faire des propositions. La question du droit d’auteur reste une question fondamentale : comment nourrit-on les artistes ? La démocratisation culturelle est un autre vrai sujet ». 
 
DIVISIONS À GAUCHE
 
Au sein du cabinet Hollande, il y aussi Sylvie Hubac, directrice de cabinet, et ex-présidente du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique. Si elle est plutôt en charge des questions d’intendance et du budget de l’Elysée, elle devrait être un bon relais d’influence pour l'industrie de la culture.
 
Au PS, les choses sont tout aussi compliquées. En son sein, les députés Patrick Bloche ou Christian Paul devraient défendre une ligne ferme contre la Hadopi. Le successeur de Ayrault à la tête du groupe devra calmer les plus libertaires. Mais le PCF et le Parti de gauche défendent eux aussi l’abrogation pure et simple de la Hadopi. Idem chez Europe Ecologie. Tout dépendra du résultat des législatives, si le PS n’obtient pas la majorité absolue, le vote de la loi se jouera dans d’habiles négociations. Une vraie bombe à retardement.
 
TEFY ANDRIAMANANA - MARIANNE
Vendredi 25 Mai 2012 à 12:00
 

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CHERCHE FORMULE POUR SORTIR DU NUCLÉAIRE

La presse allemande revient sur le sommet consacré mercredi à l'énergie, ou plutôt au virage énergétique que l'Allemagne s'est promise de prendre lorsqu'elle a décidé de sortir du nucléaire. Un virage compliqué.

On aurait pu en arriver là il y a un an déjà, se désole la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Réunir le gouvernement fédéral et les ministres-présidents n'a pas apporté grand chose de nouveau. Certes, il y aura désormais des "tables rondes" et des réunions régulières de haut niveau. Mais la définition véritable de ce que doit être le virage énergétique est toujours masquée par un brouillard de technocratie, dont les mots magiques ne sont pas plus rassurants que ceux de l'ère atomique.

 

En ce qui concerne le virage énergétique, certains ne s'encombrent pas, observe la Süddeutsche Zeitung : ils se reposent exclusivement sur la chancelière, mais dans ce cas, même la meilleure des chefs n'y changerait rien. Ce qu'il faut bien considérer comme le plus grand défi actuel de cette nation ressemble à un puzzle aux 1.000 morceaux dont on ne posséderait pas de modèle.

Et cela tient à un malentendu de départ en ce qui concerne la politique énergétique allemande : quelle que soit la source d'où les Allemands tirent leur électricité - gaz, charbon, solaire ou éolienne - ce n'est pas le résultat de décisions politiques mais bien l'effet de l'économie de marché.

 

Die tageszeitung s'intéresse à l'actualité en Russie. La Douma veut faire adopter, via une procédure accélérée, une loi sur le droit de manifester, qui renforcera de manière drastique les amendes contre les participants. La "cleptocratie" de Monsieur Poutine veut désormais faire de l'acte de manifester un privilège réservé aux supers riches.

Cette loi témoigne de la panique d'une élite politique qui, six mois après le début des premières protestations dans le pays, n'en tire toujours pas la conséquence, qu'elle est en fait elle-même l'élément-déclencheur de cette résistance. Pour le quotidien, le système Poutine ne fait plus illusion. Et le président a beau s'évader à chaque occasion vers une province qui lui est encore soumise, ce n'est pas la province qui le sauvera désormais.

Auteur : Sébastien Martineau
Édition : Anne Le Touzé

Energie-Wende JETZ! : « Le virage énergétique, maintenant ! » (Berlin, en mars 2012)

DW.de

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PLASTIQUE LAND - Dessin de EG181

QUI NOUS A FAIT ÇA DANS LE DOS ?!

Illustration pour un article du Lot en Action (n° 54) : " Découvert en 1999 par le navigateur américain Charles Moore, ce qu’on appelle le « 7ème continent » est un gigantesque amas de déchets, situé entre les côtes de Hawaï et l’Amérique du Nord. Ces millions de tonnes de plastiques s’amassent sur une superficie estimée à 3,4 millions de km² selon le Cniid, équivalant à plus de six fois la France..."

EG81.CANALBLOG.com

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24 mai 2012

LE VOTE ÉLECTROCUTÉ

À partir de ce mercredi 23 mai, les Français de l'étranger peuvent voter pour élire leurs députés, grâce à des sites spécialisés. Mais ce vote électronique souffre déjà de multiples dysfonctionnements. "Système inacceptable et peu fiable", "dangereux pour le secret du vote" : les experts que nous avons sollicités décrivent une quasi imposture électorale.

Pour la première fois, les Français de l’étranger sont appelés à élire leurs députés. Onze nouvelles circonscriptions leurs sont dédiées lors de ces élections législatives. En plus du vote classique par bulletin, qui se déroulera le 2 juin, il leur est désormais possible de voter par Internet entre le 23 et le 29 mai.

Sont concernés tous les électeurs ayant accepté de communiquer leur adresse électronique, soit 700 000 personnes parmi le million de votants réparti sur les cinq continents, d’après le ministère français des Affaires étrangères. Sur son site, le Quai d’Orsay revient sur le dispositif et annonce :

Pour la première fois, lors de ces élections législatives, il sera possible de voter par Internet. Cette option de vote électronique vise à faciliter l’exercice du droit de vote de nos compatriotes établis à l’étranger parfois très loin des bureaux de vote. Elle s’ajoute à la possibilité de vote à l’urne, par correspondance ou par procuration.

Jamais utilisé lors des législatives, le vote par Internet n’est pourtant pas une nouveauté. Il a été utilisé dès 2006, à l’occasion de l’élection de l’Assemblée des Français de l’étranger, puis à Paris lors des prud’homales de 2008. Deux expériences qui se sont soldées par des échecs, avec un faible engouement des électeurs et des rapports d’experts accablants. En 2008 par exemple, les internautes équipés du navigateur Firefox ne pouvaient pas visualiser l’intégralité des listes. Ceux disposant d’une version plus récente du navigateur ne pouvaient tout simplement pas voter, faute de support développé pour la version 3.0, alors la plus répandue.

Violation

En 2006, François Pellegrini a été mandaté par l’Association démocratique des Français à l’Étranger (ADFE, proche de la gauche) pour contrôler le scrutin. Dans son rapport, le professeur d’informatique à l’Université Bordeaux-I souligne un “grave problème de violation du secret du vote de certains électeurs”.  Six ans plus tard, il l’affirme : rien n’a changé. Alors que le vote doit garantir la confidentialité et la sincérité du choix de l’électeur, François Pellegrini pointe les failles :

L’intérêt de l’isoloir est avant tout d’éviter les pressions, et bien sûr d’éviter de divulguer son choix. Comment garantir cela via Internet ?

Pour l’enseignant, c’est “tout le réseau de confiance qui est brisé.” Illustration avec les mots de passe et les détails techniques du vote, qui sont adressés par simple mail aux électeurs, sans protection particulière.

 

Opaque

Pour se charger du processus électoral, l’État a fait appel à des entreprises privées, un procédé certes habituel mais qui fait craindre des irrégularités.  Dans une grande enquête, Bastamag ne manque pas de pointer les plantages en série et les conflits d’intérêt des différents prestataires.

Le système de vote par Internet n’en est pas à ses premiers déboires. Atos Origin [l'une des 5 entreprises retenues par l'Etat, NDLR] était en charge en octobre 2011 des élections professionnelles dans l’Éducation nationale, pour lesquelles elle a essuyé de vives critiques. De multiples dysfonctionnements ont remis en cause le bon déroulement du scrutin. Juste avant les élections, un des syndicats a eu accès pendant dix jours aux listes électorales de ses concurrents.

Souvent consultée dans ces dossiers, la Cnil a émis plusieurs délibérations. La dernière a été publiée le 8 mai 2012, le jour de la publication du décret sur le vote électronique. Elle préconise un contrôle du vote par un expert indépendant ne devant pas présenter “d’intérêt financier dans la société qui a créé la solution de vote à expertiser, ni dans la société responsable de traitement qui a décidé d’utiliser la solution de vote.” Ces mesures ont été reprises par le législateur mais laissent dubitatif, surtout face à l’absence totale de point de vue contradictoire, une situation dénoncée notamment par Numérama. François Pellegrini, lui, lâche sans détour :

La Cnil, c’est pipeau. Quelles que soient les recommandations, l’expert n’aura pas accès aux électrons !

Derrière ces critiques, la question du droit de regard sur le système se pose : les entreprises privées mandatées par l’État sont en effet seules responsables de la gestion technique du vote. L’opacité des procédés mis en place est l’un des problèmes majeurs qui alertent Bernard Lang, ancien directeur de recherche de l’Inria. Lors de l’élection de 2006, il a lui aussi rédigé un rapport sur le vote par Internet pour le compte de l’Union des Français de l’étranger (UFE, proche de la droite). “Il est tout à fait inacceptable que la gestion du vote – procédé régalien s’il en est – soit entre les mains d’une entreprise privée. Et en plus, personne n’a de droit de regard !” lance le jeune retraité.

Pour cet expert, “le fait de rendre les choses secrètes ne les rend pas plus sûres.” D’autant que le vote par Internet est potentiellement plus dangereux que les systèmes traditionnels :

Si une personne mal intentionnée souhaite falsifier le vote, elle sera beaucoup plus nuisible avec un tel dispositif.  En détournant le système informatique mis en place, elle peut modifier les résultats à grande échelle. Généraliser le vote par Internet est une folie, c’est laisser la porte ouverte à un risque de triche massive.

Acide

Unanimes, les experts s’accordent à dire que malgré toutes les procédures de sécurité et de contrôle, le vote par Internet est par essence faillible. Le Sénat, qui s’est penché en 2007 sur l’utilisation du vote électronique chez nos voisins européens conclut en ces termes :

De façon générale, le vote électronique ne paraît pas répondre aux espoirs qu’il a nourris.

C’est au Pays-Bas que le recul est le plus net : après avoir concerné jusqu’à 90% des suffrages exprimés dans les années 90, les procédés de vote électronique ont été bannis en 2008. À l’origine de cette décision, encore et toujours un manque de fiabilité.

En cas de fraude dans sa circonscription, chaque citoyen est libre d’alerter le Conseil constitutionnel, qui se charge ensuite de vérifier les infractions. Selon les résultats, les décisions peuvent varier : pour des problèmes concernant un faible nombre de bulletins, une annulation de certains résultats est à envisager. Dans des cas de graves irrégularités, les Sages peuvent aller jusqu’à l’invalidation générale de l’élection. Présent dans une centaine de circonscriptions, le Parti pirate a fait part de ses réserves quant à l’utilisation du vote par Internet.  Il incite d’ailleurs tous les électeurs qui voteraient de la sorte à témoigner sur une page spécialement dédiée.

Alors que 700 000 personnes pourraient potentiellement voter via Internet lors de ces élections législatives, Bernard Lang réaffirme ses craintes :

Le seul geste citoyen à faire, ce serait de verser de l’acide dans le dispositif.


Illustrations via FLickR par Laurence Vagner[CC-by-nc-sa] modifiée avec PicYou, via le Parti pirate [CC-by] et via FlickR par kirk lau[CC-by]

OWNI.fr

 

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